«Il y a plus de flics que de supporteurs»

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L'ambiance est sombre, mais calme. Alors qu'on pouvait craindre le pire pour ce premier match au Parc des Princes depuis la mort d'un supporteur il y a trois semaines, rien ne semblait indiquer hier soir à 23 h que la nuit serait violente. « Il faudrait être kamikaze pour tenter quelque chose », observe Alain devant le stade, conforté par son fils : « Il y a plus de flics que de supporteurs ! » Un peu plus loin, Jacques, « supporteur historique », est du même avis : « Les mecs savent qu'ils seront fichés au moindre incident. »

Rarement le Parc avait connu un tel dispositif avec 2 000 membres des forces de l'ordre. Partout, du bleu, et pas celui du maillot du club. A l'intérieur du stade en revanche, dès l'entrée des joueurs, l'humeur est plus sombre. A l'image du tifo lugubre et sans message brandi au début du match par la tribune haute de Boulogne. A l'image aussi de l'immense banderole déployée en l'honneur du supporteur décédé : « Julien : que justice soit faite ». « Forcément on lui rend hommage. Personne ne sait ce qui s'est vraiment passé. Si ça se trouve, il a été pris dans la foule et n'était pas raciste », estime Antoine du Kop d'Auteuil. Dans les deux kops de supporteurs, des espaces vides ont été laissés et les lettres RIP (Rest in Peace) apparaissent. « Tout le monde n'a pas la tête au football », commente un supporteur. Et même quand Paris marque, l'ambiance n'y est pas vraiment. Dans un stade à moitié vide, cela ne suffit pas à calmer les quelques centaines de supporteurs grecs, qui chantent parfois plus fort que les milliers de Parisiens.

M. Hajdenberg