Ligue 1: Cavani est-il en train de tuer le métier d’attaquant?

FOOTBALL Tout le monde n’est pas capable de défendre comme l’Uruguayen du PSG…

B.V.

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Edinson Cavani, auteur d'un doublé contre Saint-Etienne le 18 décembre 2013.
Edinson Cavani, auteur d'un doublé contre Saint-Etienne le 18 décembre 2013. — Francisco Seco/AP/SIPA

On a tous connu, un jour, ce collègue trop zélé pour partir à l’heure, ce social traître nous obligeant à bosser plus tard de peur de passer pour une feignasse. Au PSG, ce gars-là, c’est Edinson Cavani. Il centre, il marque, il retourne défendre dans son propre camp et il se murmure même qu’il repasse les maillots après les matchs. En trois mois, l'Uruguayen a ringardisé la Ligue 1 et son vieil adage de l’attaquant qui ne se fatigue pas au boulot défensif afin de garder sa lucidité devant le but.

«Il est la preuve inverse, coupe l’ancien attaquant Steve Marlet. Il tue toute argumentation car il défend ET il marque. Aujourd’hui, on demande aux défenseurs d’attaquer. Alors pourquoi on ne demanderait pas aux attaquants d’êtres les premiers défenseurs ? » Porté en exemple, Cavani pourrait à lui tout seul redéfinir un nouvel idéal du buteur à l’avenir. «Peut-être qu’on se dirige dans le futur vers des attaquants avec le même profil que lui, note l’ancien ailier Olivier Rouyer, consultant Canal+. Mais pour le moment, des comme lui, il n’y en a qu’un.»

«Si vous dites à Ménez de défendre comme Cavani…»

Entendez par là que «pour faire des courses de 50 mètres dans les deux sens, ça demande énormément d’efforts, un potentiel athlétique hors du commun», nuance Marlet. Ce n’est pas forcément que tous les autres attaquants de Ligue 1 sont des divas, c’est juste qu’ils n’ont pas la caisse pour faire du Cavani. Ni le tempérament, d’ailleurs :  «C’est quelque chose qu’il a en lui, poursuit Rouyer. Cette rage, cette envie, c’est sa spécificité. On peut s’en inspirer, mais on ne peut pas transposer ça à quelqu’un, tout le monde n’a pas les moyens. J’ai rien contre lui, mais si vous dites à Ménez de défendre comme Cavani, ça va lui faire drôle.»

Encore faut-il qu’on lui demande. S’il estime que le «premier temps de défense est important pour l’attaquant», le coach de Toulouse Alain Casanova estime que qu’il «ne souhaite personnellement pas qu’un attaquant défende très bas. Il doit être joignable très rapidement lors de la transition offensive. Cependant, quand il évolue sur un côté, il est amené à contrarier les montées de son latéral.»

Rouyer confirme :  «Quand un coach demande à un attaquant de défendre, ce n’est pas automatiquement faire comme Cavani avec des tacles dans tous les sens. Il faut être malin :  ce sont parfois des déplacements de trois, quatre mètres.» Ça n’en fera pas des Uruguayens à 64 millions d’euros, mais ça peut aider à gagner quelques matchs.