Djokovic, Federer, Gasquet... Pourquoi les champions font appel aux vieilles gloires du tennis?

Romain Scotto

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Novak Djokovic lors de la finale du tournoi de Bercy le 3 novembre 2013.
Novak Djokovic lors de la finale du tournoi de Bercy le 3 novembre 2013. — Francois Mori/AP/SIPA

L’année prochaine, la place des vieilles gloires ne sera plus seulement dans le tableau du tournoi des Légendes. De plus en plus d’ex-joueurs de renom collaborent à l’année avec les meilleurs mondiaux. Suivant le modèle de l’attelage Lendl-Murray, Novak Djokovic travaillera avec Boris Becker en 2014. Roger Federer pourrait lui être suivi par Stefan Edberg. Sans oublier les associations Gasquet-Bruguera et Nishikori-Chang. Les légendes du jeu ont donc la côte, malgré leur inexpérience en matière de coaching. Voici ce qu’elles peuvent apporter aux meilleurs mondiaux.

L’expérience du circuit. Les séances de panier au petit matin sur un court annexe, très peu pour eux. Quand une ancienne star intègre un staff, ce n’est généralement pas pour révolutionner les entraînements d’un Top 10 mondial. «C’est plus l’expérience du jeu qui est recherchée», assure Loïc Courteau, l’entraîneur de Julien Benneteau. Sur le plan technique, un Djokovic ou un Federer n’ont plus grand-chose à apprendre. En revanche «l’ancien joueur apporte sur son vécu, son expérience sur des détails de matchs, la façon de gérer une finale de Grand Chelem.» Pour cela, l’ex-gloire s'asseoit généralement dans un box où le technicien a toujours sa place (Vajda pour Djoko, Lüthi pour Federer). A condition que la collaboration entre les deux membres du staff ne dérape pas.

Un désir incessant de nouveauté. On peut donc être numéro 2 mondial et décider de changer ses habitudes sur le circuit. Novak Djokovic n’a pas précisé ses motivations en «recrutant» Becker. Mais le Serbe attend forcément de lui un peu de nouveauté. «Ces mecs là veulent toujours aller plus loin, poursuit Courteau, qui faisait régulièrement appel à Noah ou Forget quand il travaillait avec Mauresmo. Ils veulent progresser tout le temps, ne veulent rien laisser aux autres et ne comprennent pas leurs baisses de régime.» Dans ce cadre, un œil extérieur peut permettre à un joueur de franchir de nouveaux caps, à l'image de Murray qui n’aurait peut-être jamais gagné son premier Grand Chelem sans l’apport de Lendl.

Un état d’esprit. En tennis, les joueurs se rapprochent généralement des joueurs qui leur ressemblent. «Cela rassure. Ils ont besoin de cotoyer des joueurs qui leur sont proches. Stefan Edberg ne parlait pas beaucoup, il était timide sur le terrain, un peu comme Federer. C'est dailleurs son idole de jeunesse», souffle Courteau. A l’inverse d’un Becker, plus expansif, qui se rapproche plus de Djokovic émotionnellement. En 2010, le Serbe avait tenté de travailler avec Todd Martin. Une expérience qui a viré au crash en raison des divergences de points de vue avec l’Américain. «Cohabiter avec deux entraîneurs n'a pas marché comme je le souhaitais», expliquait le Djoker, alors qu’il cherchait juste à progresser au service.