Mondial féminin: Qui es-tu Alain Portes?

Romain Scotto
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L'entraîneur de l'équipe de France féminine de hand Alain Portes, lors des JO de Londres, lorsqu'il entraînait la Tunisie masculine.
L'entraîneur de l'équipe de France féminine de hand Alain Portes, lors des JO de Londres, lorsqu'il entraînait la Tunisie masculine. — JAVIER SORIANO / AFP

En un championnat du monde, il n’a pas la prétention d’effacer les quinze années de son prédécesseur. Ni même de changer du tout au tout le fonctionnement d’une équipe qui reste sur deux médailles d’argent au niveau mondial. En Serbie, où l’équipe de France débute samedi son tournoi contre le Congo, Alain Portes (prononcez «Porte») serait déjà ravi de faire un peu plus connaissance avec toutes ses joueuses. Lui qui n’a pas coaché une équipe féminine depuis son départ de Nîmes, il y a neuf ans. «C’est un affectif, il a besoin de nous aimer, nous connaître pour savoir ce qu’il peut nous apporter», note la gardienne Amandine Leynaud.

«J’ai la sensation qu’il nous considère vraiment comme ses propres filles, poursuit Siraba Dembélé. Il essaye de nous chouchouter. Il ne supporte pas de voir une fille qui ne soit pas bien.» Sans vraiment le dire, les cadres de l’équipe y voient le plus grand changement avec les années Krumbholz, un coach un peu plus distant. Mais aussi plus volcanique sur son banc. «A un moment, on est des filles. C’est important pour beaucoup de se sentir proche de son état d’esprit, de l’être humain», poursuit Allison Pineau, déjà conquise par la méthode Portes.

Des filles «stressées»

Très à l’écoute, l’ancien sélectionneur de la Tunisie (masculine) a aussi fait du «collectif» son obsession. Cela se traduit par quelques règles de vie auxquelles les Bleues n’étaient pas habituées. Uniformité vestimentaire et repas à horaires fixes sont désormais de rigueur. «C’est même lui qui nous donne le feu vert quand on se lève de table», sourit Dembélé qui n’y voit pas un accès d’autoritarisme. Juste la volonté de souder un groupe, fragilisé depuis le quart de finale perdu aux JO de Londres contre le Monténégro.

A l’entraînement, Portes a dû remobiliser des filles «stressées» qui perdaient parfois leurs moyens quand elles se sentaient en danger. Dans le jeu, l’accent est mis sur l’attaque, le point faible des Bleues ces dernières années. «Il veut apporter plus de sérénité. Pour lui, on n’est pas là pour prouver quoi que ce soit, explique Pineau. Il sait ce qu’on vaut et veut juste voir ce groupe progresser.» En Serbie, il n’a d’ailleurs pas fixé d’objectif comptable. Si ses joueuses relèvent un peu la tête après deux années ratées, la méthode Portes aura déjà fonctionné.