Nanterre/Johan Passave-Ducteil: «J’ai envie de décharger une bonne dose d’adrénaline»

Propos recueillis par Romain Scotto

— 

Le pivot de la JSF Nanterre, Johan Passave-Ducteil, lors d'un match contre Strasbourg, le 29 mai 2013.
Le pivot de la JSF Nanterre, Johan Passave-Ducteil, lors d'un match contre Strasbourg, le 29 mai 2013. — G. VARELA / 20 MINUTES

Théoriquement, il faudrait au moins deux victoires à Nanterre pour accéder au Top16 de l’Euroligue. Peut-être une de plus. A quatre journées de la fin, les hommes de Pascal Donnadieu sont donc quasi-obligés de battre le Partizan Belgrade jeudi soir à la Halle Carpentier s’ils veulent passer ce premier tour. Une situation nouvelle pour une équipe qui a toujours profité de son statut d’outsider.

La défaite contre Limoges lundi soir est-elle totalement digérée avant de basculer sur l’Euroligue?

On a perdu ce match contre Limoges parce qu’ils ont été plus forts et avaient plus envie que nous. C’est ce qui me fait peur. J’espère qu’on va très vite  retrouver notre esprit combattif et guerrier parce qu’on va en avoir besoin face au Partizan. On doit redevenir conquérants et agressifs parce c’est comme ça qu’on était dangereux. Il faut qu’on s’arrache sur tous les ballons. On ne doit pas être passifs. Ça ne nous va pas du tout.

Vous aviez peut-être déjà la tête à ce match d’Euroligue?

Je préfère me dire ça qu’évoquer la fatigue. C’est une excuse de dire qu’on voyage, qu’on est fatigués. On le savait. Moi personnellement je n’avais pas la tête ailleurs. Maintenant, si c’est ce que les gens on ressenti, ouais, peut-être. Même si le challenge Euroligue est plus excitant que le championnat, ça m’embête un peu parce que ce n’est pas la meilleure façon de préparer ce match d’Euroligue qui peut nous permettre éventuellement de penser à ce fameux Top16.

Pascal Donnadieu a-t-il haussé le ton depuis?

Non, bizarrement, même lui en est conscient. Il a coaché pour nous préserver au maximum. Il se rend bien compte qu’il y a quand même de la fatigue. On a la chance d’avoir un gros effectif où les postes sont doublés. Alors la fatigue physique, oui, mais la fatigue mentale ne devrait pas être là. Je pense qu’avec l’enchaînement des matchs, on a peut-être la pression du résultat. Je suis assez perplexe, je me pose pas mal de question. Mais je suis impatient d’en découdre. J’étais en civil à Belgrade parce que j’étais blessé. J’ai une bonne dose d’adrénaline en moi que j’ai envie de décharger. J’attends ça avec impatience parce que mine de rien, là-bas, ils nous ont quand même mis la misère. J’espère qu’on leur mettra le feu et qu’on les fera trembler comme ils nous ont fait trembler.

Avez-vous le sentiment que vous êtes obligés de gagner ce match, avec celui de Kiev, pour passer?

Oui, on ressent la pression du résultat, un truc dont on n’avait pas l’habitude. La seule fois où c’est arrivé, c’était en finale de Coupe de France et on a vu le résultat (une défaite contre le Paris-Levallois). Moi j’essaie de ne pas me polluer l’esprit avec ça. Je me dis que le Partizan reste une belle équipe. Mais c’est vrai que s’il y a deux adversaires qu’on doit mettre derrière nous ce sera le Partizan et Kiev.

Un mot sur Ali Traoré, qui joue également à votre poste. Comment se passe votre cohabitation?

Ali, c’est un mastodonte du basket. Au niveau de l’Euroligue et la Pro A, il nous apporte son expérience et ses qualités. Il revient de blessure. Ce n’est pas le Ali Traoré qu’on avait quand il était en équipe de France. Mais c’est facile de travailler avec un coéquipier comme lui. Il est toujours de bonne humeur. C’est un plaisir. Avec sa patte gauche, c’est un magicien. Son surnom n’est pas usurpé. Voilà, avec l’Euroligue, on n’est pas de trop à trois dans la raquette (avec Mam Jaiteh). C’est un problème de riche pour Pascal (Donnadieu, le coach).