Sous les vagues noires

Romain Baheux

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Mils Muliaina et Florian Fritz, en 2009.
Mils Muliaina et Florian Fritz, en 2009. — A. Reau / Sipa

Dans une soirée, ils seraient ces invités qui dévorent les amuse-gueules, cassent des chaises et imposent leur musique. Se frotter aux All Blacks à domicile, comme va s'y risquer le XV de France samedi soir, constitue certes une très belle affiche, mais reste le meilleur moyen de se prendre une bonne rouste. Ces dernières années, chaque génération de Bleus ou presque a eu droit à sa correction. Lors de leur dernière tournée dans l'Hexagone, les Néo-Zélandais avaient fait étape à Marseille et s'étaient permis d'infliger un cinglant 12-39 à l'équipe de France.

«Ça fait mal»


Contre la meilleure équipe du monde, la défaite vire rapidement à la déconvenue mémorable. «Quand on a 20 points de retard, c'est là qu'on commence à tenter des choses pour essayer de revenir. Le problème, c'est que peu d'équipes envoient autant de jeu qu'eux et c'est là qu'ils te contrent, développe Olivier Magne, témoin privilégié de la claque (6-45) en 2004. Le dernier quart d'heure semble très long et on a l'impression de se prendre une vague, puis une autre…»

«Vouloir jouer leur jeu, c'est comme essayer de tenir l'échange avec Rafael Nadal, résume l'ancien international Richard Dourthe. Tant qu'ils peuvent jouer, ils jouent et ils y prennent du plaisir. Et là, ça fait mal.» Car là où la plupart des nations du globe vont avoir tendance à jouer la montre quand elles mènent de quelques points, la Nouvelle-Zélande ne se prive pas pour tenter de gonfler l'écart. «Ils ne chambrent pas, mais ils ont un jeu arrogant à relancer à la main quand ils ont des points d'avance», décrit l'ancien Bleu Franck Comba. «L'idée de vous enfoncer est primordiale chez eux, poursuit Magne. Ils pensent toujours à vous marquer en vue de la prochaine rencontre.»

■ Trois Bleus en moins

Le sélectionneur du XV de France a écarté deux troisièmes lignes Yannick Nyanga (Toulouse) et Bernard Le Roux (Racing-Métro) et le deuxième ligne du Stade Français Alexandre Flanquart.