Les hooligans frappent, la police est sur le gril

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Après les incidents de jeudi qui ont opposé hooligans néerlandais de Rotterdam aux policiers français lors d’un match de foot jeudi à Nancy, ce sont les responsables du club lorrain et les autorités françaises qui se retrouvent accusées pour ne pas avoir anticipé les débordements.

Premiers à dégainer, les dirigeants du Feyenoord Rotterdam. «Ces gens [les supporters néerlandais] avaient déjà causé des problèmes en ville dans l'après-midi. Au lieu d'être mis en prison, on les a laissé entrer dans le stade. C'est une récompense qu'ils ne méritaient pas», a déclaré Onno Jacobs, le directeur financier et opérationnel du Feyenoord. «Aurions-nous pu éviter cela? Oui, ces hooligans n'auraient pas dû pouvoir acheter des places au marché libre».

«Nous avions informé les dirigeants nancéiens qu'ils ne devaient pas vendre de billets à des Néerlandais. Ces gens sont bannis aux Pays-Bas. Nous savions qu'ils ne viendraient pas seulement pour voir le match de football», a-t-il avancé. Feyenoord est «responsable pour les 1.300 supporteurs à qui le club a vendu des places, pas pour les autres».

Donc pas pour les 600 hooligans, selon une estimation policière, qui ont sévi dans le centre ville de Nancy dans l'après-midi, et surtout dans l'enceinte du stade Marcel-Picot durant le match, remporté 3-0 par l'ASNL. Les hooligans ont jeté des sièges sur la pelouse et essayé d'arracher des grillages les séparant des spectateurs lorrains.

Près de 400 policiers et gendarmes sont alors intervenus, lançant du gaz lacrymogène sur ces supporters, ce qui a provoqué une interruption de la partie d'une vingtaine de minutes. Cinq supporters du club néerlandais ont été interpellés.

Jaroslav Dudl, délégué de l'UEFA au match Nancy - Feyenoord, en a remis une couche en estimant que le préfet de police de Nancy avait commis «une erreur en autorisant l’entrée dans le stade» des hooligans néerlandais, «vraisemblablement par peur qu’ils poursuivent leurs ravages dans les rues. Des deux maux, il a opté pour celui qui lui semblait le moindre», a-t-il ajouté.

Que faisait-il d’ailleurs là, ces hooligans néerlandais «interdits de stade» dans leur pays ? s’étonne Jean-Charles Basson, maître de conférences à l'université de Toulouse et auteur de «Sport et ordre public» (Documentation française). «Comment ont-ils pu franchir la frontière et pénétrer au stade sans billet», dit-il à l’AFP. Parce que les autorités policières françaises, estime-t-il, ont «relâché» leur coopération avec les autres pays européens. Comme la semaine dernière, lors du match PSG-Tel Aviv : selon lui, le déploiement policier n'était «pas à la hauteur du risque présenté par ce match».