Barrages pour la Coupe du monde: L’Ukraine «est prête à affronter les Bleus»

Romain Scotto

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Les joueurs de l'équipe d'Ukraine, fêtant un but contre le Montenegro, le 7 juin 2013 à Podgorica.
Les joueurs de l'équipe d'Ukraine, fêtant un but contre le Montenegro, le 7 juin 2013 à Podgorica. — Darko Vojinovic/AP/SIPA

Jusqu’au bout, l’Ukraine a cru à sa qualification directe pour le Mondial. Mais pour un petit point, elle a laissé l’Angleterre, le favori du groupe, valider son billet direct pour le Brésil. L’équipe de Mikhail Fomenko est aussi celle qui a chipé la place de tête de série pour un point Fifa à la France. Cela pourrait se payer lors du prochain barrage.

Que vaut cette équipe? Depuis la dernière confrontation contre les Bleus, il y a un peu plus d’un an lors de l’Euro (victoire 2-0 de l’équipe de France en poule), l’Ukraine a bien changé. Le nouveau sélectionneur, Mikhail Fomenko a procédé à un rajeunissement complet de son équipe, orpheline d’un buteur de renom depuis la retraite de Chevtchenko. «La France a encore une image d’une Ukraine pas terrible avec de vieux joueurs comme lui. Mais ils ne sont plus là. L’Ukraine a un très gros collectif et en plus, ça joue bien au ballon», note Franck Dja Djédjé, expatrié au Tchernomorets Odessa depuis deux saisons. L’ancien Niçois cite deux noms qui pourraient poser de gros problèmes aux Bleus. Konoplyanka, «un droitier qui joue à gauche et débloque beaucoup de situation. Il me fait penser à Eden Hazard.» Ou encore Yarmolenko, «très doué techniquement». Le point faible de cette équipe étant toujours  la défense, peu expérimentée au très haut niveau avec quatre joueurs issus du championnat local.

A quoi s’attendre là-bas? Malgré le froid hivernal, l’ambiance peut être très chaude en Ukraine. La sélection a l’habitude de jouer dans tout le pays (Lvov, Kharkhiv ou Odessa), mais se base à Kiev pour les matchs les plus importants. Une enceinte de 70.000 places rénovée pour l’Euro qu’elle peine parfois à remplir. «Les supporters sont quand même bouillants et peuvent très bien se mobiliser pour les grandes occasions», poursuit Dja Djédjé. Invaincue depuis sept matchs officiels, l’Ukraine est aussi une spécialiste des défaites en barrages de Coupe du monde puisqu’elle y a échoué à quatre reprise. Sur quatre tentatives depuis 1998.

Que pensent-ils de la France? Sur le papier, les coéquipiers d’Anatoliy Tymoschuk pourraient être effrayés à l’idée d’affronter la France puisqu’ils ne l’ont jamais battue en sept confrontations (3 nuls, 4 défaites). Mais d’après le joueur français qui les côtoie, «les Bleus ne font pas plus peur que cela aux Ukrainiens. J’en ai parlé avec mon coéquipier de club, Oleksiy Gai et pour lui, affronter la France, ce serait pas mal. Ils sont prêts, même s’ils craignent Ribéry et Benzema.»