Rugby : La relève ne se bouscule pas

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N'est pas Graham Henry qui veut. Si le Néo-Zélandais, sacré meilleur coach de l'année par l'International Rugby Board dimanche soir, possède quasiment deux équipes interchangeables, les autres nations peinent à faire jouer la concurrence. Bernard Laporte ne fait pas exception à la règle. Comment interpréter autrement la décision de l'entraîneur français de s'appuyer sur de nombreux trentenaires (Pelous, Ibanez, Dominici...) aux performances inégales au lieu d'injecter du sang neuf ?

Le noeud du problème réside dans l'absence de relève immédiate. Durant les sept semaines du prochain Tournoi des VI Nations, qui devrait faire office de laboratoire, Laporte pourra toutefois compter sur un groupe de 40 joueurs. « Je veux voir un paquet de joueurs, mais l'équipe, avec le retour des blessés, est déjà là, assure le coach tricolore. Il y a peu de joueurs qui vont sortir du chapeau, même si on veut voir quelques jeunes comme Romain Cabannes. » Outre le centre de Biarritz, les sélectionneurs gardent un oeil sur l'ouvreur de Bourgoin Benjamin Boyet ou les Parisiens Yoann Montès et Lionel Beauxis. Ce dernier, élu meilleur joueur de moins de 21 ans dimanche soir, ne constituerait-il pas une alternative de choix en nº 10 derrière l'indispensable Frédéric Michalak et Damien Traille ? « Lionel montre qu'il est là, il a un réel potentiel, mais il ne faut pas lui brûler les ailes », rappelait récemment Laporte, qui a pu mesurer lors des trois derniers test-matchs la longueur du chemin à parcourir jusqu'au Mondial, en septembre prochain.

Sébastien Bordas