PSG: La difficile réconciliation entre Auteuil et Boulogne

Antoine Maes

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Le collectif "Liberté pour les abonnés" lors d'une manifestation, le 15 mai 2010, à Paris.
Le collectif "Liberté pour les abonnés" lors d'une manifestation, le 15 mai 2010, à Paris. — THOMAS COEX / AFP

A la base du conflit qui oppose encore aujourd’hui les ultras du PSG à leur club, il y a surtout deux faits-divers. En 2006 et 2010, deux supporters parisiens ont trouvé la mort: le premier tué par balles par un policier qui a bénéficié d’un non lieu pour légitime défense, le second (affilié du kop de Boulogne) lynché par des membres du Virage Auteuil (l’enquête est toujours en cours). En filigrane, c’est la guerre entre les deux virages du Parc des Princes qui a débouché sur le Plan Leproux et la fin des groupes ultras dans les tribunes. 

Trois ans et demi après les faits, l’armistice est-il en passe d’être signé entre les deux factions rivales? Parmi les personnes ayant mis en demeure le PSG et la Préfecture de Police ce lundi, la majorité provient du Virage Auteuil, mais il y a également quelques anciens du Kop Boulogne. «A 99%, il n’y aura plus de problèmes entre supporters. Ils sont même prêts à négocier un retour au Parc dans une tribune unique», assure l’avocat des plaignants, Pierre Barthelémy. 

«Je n’ai pas de problème avec Auteuil, j’en ai un avec les gens qui ont tué Yann Lorence»

Difficile tout de même d’imaginer que l’armistice soit signé. «Ça fait longtemps qu’on a dépassé ça, assure pourtant un ancien d’Auteuil, présent au parc depuis 1992. Oublier, c’est difficile. Mais pour avancer, il faut même avoir conscience de la gravité de ce qui s’est passé. Et si un jour il faut discuter autour d’une table, ce sera avec des gens de bonne volonté.» Dans le groupe «Liberté pour les Abonnés», longtemps en pointe dans la contestation et qui s’est aujourd’hui dissout, il n’y a d’ailleurs qu’une règle tacite: ne pas évoquer son appartenance à l’une ou l’autre des tribunes. 

Le sujet est encore épineux chez les anciens de Boulogne, même si les deux groupes se croisent régulièrement en déplacement, comme à Toulouse ou Troyes cette saison. Parce que la justice n’a pas encore rendu son verdict dans l’affaire Yann Lorence, ce membre du Kop de Boulogne décédé en 2010. «Je n’ai pas de problème avec Auteuil, j’en ai un avec les gens qui ont tué Yann, explique Philippe Pereira, ancien leader du Kop de Boulogne. Nous ce qu’on veut, c’est que la justice fasse son travail. Tant que ce n’est pas fait, on n’aura pas réglé grand-chose.» En clair, le risque de débordement est toujours présent.