L'entraîneur Frédéric Antonetti, le 27 avril 2013, lors d'un match de Rennes à Brest.
L'entraîneur Frédéric Antonetti, le 27 avril 2013, lors d'un match de Rennes à Brest. — FRED TANNEAU / AFP

Sport

Frédéric Antonetti: «Moi, je suis parti de très, très loin»

FOOTBALL – L’ancien coach de Rennes, reconverti consultant pour Canal+, raconte sa nouvelle vie loin des bancs, pour la première fois depuis 20 ans…

Frédéric Antonetti l'avoue lui-même: il s'amuse beaucoup dans son rôle de consultant chez Canal +. N'empêche, le Corse n'a pas encore prévu de prendre sa retraite. A l'écouter, il sera de retour sur un banc, un jour ou l'autre. Pas tout de suite, parce qu'il a besoin de se ressourcer. En attendant le retour de ses fameuses colères, "une caricature" selon lui, il sera sur le plateau du CFC dimanche soir pour OM-PSG.

Première partie, sa nouvelle vie de consultant

Deuxième partie, sa vie d'entraîneur 

Vous savez qu’il y a un best-of de vos meilleures gueulantes sur Youtube?

Je trouve que c’est un peu injuste. Sur 700 matchs, il a dû me prendre 30 colères, mais il y a 670 fois où j’ai été calme. Après je ne peux pas renier ce que j’ai fait. De temps en temps si ça ne me plaît pas, j’ai le tort de le dire un peu plus fort que les autres. 

Est-ce qu’on vous reverra entraîner?

Je n’ai que 52 ans, ce n’est pas très vieux. Je compte redevenir entraîneur. Il y a un moment pour ça, là je suis en train de me régénérer. Mais mon métier ce n’est pas d’être à la télévision même si je prends beaucoup de plaisir aujourd’hui. 

On a parlé de vous à Sochaux, à Valenciennes… Si on vous appelle aujourd’hui, vous faites quoi?

Sochaux m’a contacté directement, jeudi dernier, j’ai pris le temps de la réflexion sur la journée. Et ce n’est pas le bon moment. C’est encore trop tôt pour moi, pour reprendre un club en difficulté, avec toute l’énergie que cela demande. Même si Sochaux est club qui m’intéresse, parce que c’est un club qui me correspond. L’idéal c’est de préparer une saison, d’arriver frais et de mettre en place vos idées. Mais pour l’instant ça ne me manque pas, je suis bien occupé. 

Vous auriez aimé entraîner dans un club où les moyens sont illimités?

Tous les entraîneurs rêvent de ça. Je ne pense pas que vous trouverez un entraîneur qui vous dira «non, non, moi je veux être moyen». C’est vrai que Paris a une politique de vedettes, mais Marseille l’a eu aussi dans les années 90, et ça, on l’a oublié. Il faut des clubs formateurs, il faut des clubs comme Marseille qui achètent chez eux, et il faut des clubs comme Paris et Monaco qui font des investissements dans le monde entier. C’est ça la richesse d’un championnat. 

Vous rêvez encore d’entraîneur un club de cette dimension?

Il y a longtemps que je ne rêve plus. Si quelqu’un pense à moi tant mieux. Marseille m’a contacté trois fois dans le passé, ça n’a pas pu se faire. Monaco m’a contacté il y a quelques années aussi. Si j’avais eu une grande carrière de footballeur, je pense que j’aurai déjà eu l’occasion d’entraîner ce genre de club. Mais moi je suis parti de très, très loin. 

Qu’est-ce qui manque à un entraîneur qui n’est pas sur un banc?

Arriver le matin, avoir des problèmes à régler, découvrir un joueur, mettre un système en place… Et parfois quand ça se passe bien, c’est une aventure humaine. C’est un métier ingrat, parce qu’aujourd’hui on demande trop par rapport aux moyens qu’on a dans le football français. Mais c’est un métier fantastique. C’est plus qu’une passion: c’est une vocation, un sacerdoce. J’aurai pu être entraineur en CFA 2, en DH, ou dans un centre de formation. Mais j’aurai été entraîneur.