Ligue des champions: Jürgen Klopp, le «Mourinho» allemand

FOOTBALL L'entraîneur de Dortmund est un entraîneur passionné. Parfois trop...

B.V.

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L'entraîneur de Dortmund, Jürgen Kloppn, le 21 septembre 2013
L'entraîneur de Dortmund, Jürgen Kloppn, le 21 septembre 2013 — PIXXMIXX/PIXATHLON/SIPA/1309231723

Pour ses coups de gueules, ses vannes où le jeu que produit son équipe, Jürgen Klopp gagne à être connu. Celui qui a emmené Dortmund en finale de la Ligue des champions l’an passé n’a pas encore la réputation d’un Guardiola, d’un Ancelotti ou d’un Mourinho -avec qui il partage d’ailleurs quelques points communs - mais sa méthode n’en vaut pas moins le coup d’œil.

«Des joueurs prêts à partir à la guerre pour lui»

«Cet entraîneur a quelque chose de très particulier: c’est sa proximité avec les joueurs.» Passé par Mayence en 2007-2008, le Français Francis Laurent a connu le Klopp d’avant Dortmund, à Mayence. Et il ne tarit pas d’éloges sur un coach qui a créé dans son club une ambiance familiale. «En ça, on peut le comparer à Mourinho, poursuit Laurent. Tous ses joueurs disent  qu’ils seraient prêts à partir à la guerre avec lui. Avec Klopp, c’est exactement ça. Il est tellement proche des joueurs qu’on a envie de tout partager avec lui.» Ce lien, il le crée au quotidien, en se douchant par exemple avec les joueurs, chose très rare, ou encore en passant toutes les mises au vert au milieu de ses hommes. Sans pour autant être lourd. «C’est un ami-entraîneur, mais quand il faut mettre les points sur les i, il le fait sans hésiter», résume son ancien joueur.

«Il n’est pas fou, il est passionné»

Regard sanglant et bave aux lèvres, Klopp a montré face à Naples qu’il était capable d’accès de folie assez terrifiants. «Il n’est pas fou mais il vit le football, il est passionné, nuance Francis Laurent. Une fois qu’il a été expulsé (ndlr: après avoir copieusement insulté le quatrième arbitre) il a regretté immédiatement la manière dont il a réagi. Il a été pris dans l’élan.» Certes, mais cela lui vaudra d’être en tribune face à l’OM et ça n’a pas forcément plu à tout le monde.

«Ceux qui suivent la Bundesliga le savent capable de péter un plomb, ajoute le consultant foot allemand de Canal+, Patrick Guillou. Parfois, la question que les gens se posent, c’est quand il va dégoupiller. Il vit tellement intensément le match qu’il y a un dédoublement de la personnalité. Ce n’est pas un rôle. Mais il a beau regretter, de manière sincère, il a quand même une obligation de montrer l’exemple.» Et si son image reste intacte en Allemagne, c’est avant tout «parce que c’est quelqu’un de convivial, enchaîne Guillou. Il parle sans faire de ronds de jambes, est très intelligent et aussi proche du peuple.» Ce que confirme Francis Laurent: «C’est un des meilleurs entraîneurs au monde et pourtant il prend parfois une heure pour signer des autographes. Il est toujours de bonne humeur, à rigoler, à blaguer.  On a l’impression qu’il vit un rêve éveillé.»

«Un des entraîneurs à la mentalité la plus offensive du monde»

S’il n’est pas l’entraîneur le plus offensif du monde, ce n’est pas loin. Depuis l’an passé, son Dortmund régale l’Europe tous les mercredis soirs en Ligue des champions avec un jeu porté vers l’avant. «Il a les joueurs pour développer ce genre de jeu, note Guillou. Mais c’est aussi lui qui les choisit. Quand il va chercher Aubameyang à Saint-Etienne, personne ne le connaît en Allemagne. Il veut des joueurs avec une grosse capacité à reproduire les efforts, beaucoup de  vivacité, une bonne technique.» Histoire d’aller vite vers l’avant. Francis Laurent se souvient: «Mon premier match, ça m’avait surpris, car quand je suis rentré à 1-1 à 30 minutes de la fin, il m’a dit: "Fais ce que tu as envie de faire, amuse-toi, prends du plaisir." On a gagné 6-1. C’est sa vision du foot, il pousse ses joueurs à prendre du plaisir sur le terrain.»