Ligue 1: Avec Layvin Kurzawa, Monaco penche à gauche

Romain Baheux

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Le défenseur de Monaco Layvin Kurzawa lors du match contre Bordeaux le 10 août 2013.
Le défenseur de Monaco Layvin Kurzawa lors du match contre Bordeaux le 10 août 2013. — JEFFROY GUY/SIPA

A peu de chose près, Layvin Kurzawa ne serait qu’un espoir de Ligue 1 cantonné sur le banc de touche d’un club ambitieux. Ce peu de chose se nomme Lucas Digne, longtemps dragué cet été par Monaco pour occuper le flanc gauche de la défense. Digne a finalement opté pour le PSG et le rôle de doublure de Maxwell et l’ASM a choisi de promouvoir Kurzawa au rang de titulaire. Remplaçant en Ligue 2 la saison dernière, le jeune homme (21 ans) a débuté tous les matchs depuis la reprise. Deux passes décisives, un succès marquant au Vélodrome contre l’OM (1-2) et une place de leader avant de recevoir Lorient, le latéral était encore loin de s’imaginer ça il y a peu de temps.

Il a amélioré son hygiène de vie

Lancé chez les pros il y a trois ans, son éclosion a tardé. «C’était un jeune joueur avec un potentiel évident, raconte Guy Lacombe, entraîneur de l’ASM à cette époque. On l’avait titularisé lors d’une rencontre à Lorient. Il avait à peine 18 ans mais avait pris ses responsabilités. Il avait tiré un coup franc sur le poteau, en tapant la balle comme un gamin sur le parking de l’école. Les gens étaient surpris mais nous pas du tout.» Une révélation très précoce, un pied gauche précis et d’excellentes aptitudes à attaquer liées à ses débuts comme avant-centre. Mais pourquoi n’entend-on parler de Layvin Kurzawa que depuis quelques semaines?

«S’il reste constant, il sera l’arrière gauche des Bleus à l’Euro 2016»

La faute à une hygiène de vie parfois négligée, une approche du métier un peu légère et à des blessures à répétition. «Il a eu une trajectoire qu’ont beaucoup de jeunes lorsqu’ils signent leur premier contrat pro. Ses neurones se sont un peu déconnectés, estime Didier Christophe, l’homme qui l’a amené au centre de préformation à Aix-en-Provence puis sur le Rocher. Par rapport à son potentiel, il a perdu un an ou deux.»

Il s’attache maintenant à rattraper le retard. Relancé par Claudio Ranieri, Layvin Kurzawa va au moins tenter de boucler sa première saison pleine chez les professionnels, épaulé par les expérimentés Eric Abidal et Ricardo Carvalho. «Il a quelques petits manques à compenser mais pour moi, il n’y a pas de meilleurs latéraux gauches français en ce moment, poursuit Didier Christophe. Ça risque d’être juste pour la Coupe du monde au Brésil mais s’il reste constant, il sera l’arrière gauche des Bleus à l’Euro 2016.» Où il pourrait retrouver… Lucas Digne.