Ligue des champions: Alexandre Lacazette, l'attaquant qui voulait jouer en pointe

Julien Laloye

— 

Alexandre Lacazette face aux Grasshopper Zurich, le 30 juillet 2013 à Gerland.
Alexandre Lacazette face aux Grasshopper Zurich, le 30 juillet 2013 à Gerland. — P.Fayolle/SIPA

C’est écrit partout, mardi soir à Gerland face à la Real Sociedad, l’OL jouera sa saison, son avenir financier et les résultats du prochain bilan médical de Jean-Michel Aulas. Ce qui est toujours moins important que la future carrière d’Alexandre Lacazette. En bref, l’attaquant lyonnais a deux matchs pour choisir entre un destin à la Benzema ou un Govou. Explications: si la légende raconte que petit, Lacazette comptabilisait ses buts sur un petit cahier, histoire de ne pas en oublier en route, il en a drôlement perdu l’habitude pour un avant-centre de formation (11 buts en 62 matchs de L1).

«Jouer sur un côté m’a permis d’élargir mon bagage technique»

C’est qu’en plus de devoir surmonter une réputation de joker du dernier quart d’heure glanée sans le vouloir lors du Mondial des U20 en 2011, le néo-international a dû faire comme tous les attaquants axiaux formés à l’OL: Aller apprendre le métier sur les ailes, et sans moufter.  «Pour un jeune attaquant, c'est vrai que jouer sur un côté nous permet d'élargir notre bagage technique. Au plus haut niveau, le poste d'avant-centre est très difficile et il est important de connaitre les vices du métier pour s'y imposer» racontait alors l’intéressé. Benzema en était sorti par le haut, Govou par le couloir droit, dont il est devenu le meilleur spécialiste des années 2000 en France, au point d’y sacrifier son sens du but. Un chemin tout à fait respectable que semblait emprunter Lacazette l’an passé. Jusqu’au départ de Lisandro et à la guerre de tranchées entre Jean-Michel Aulas et Bafétimbi Gomis.

Trois buts et en deux matchs plus tard, le garçon s’est acheté un début de crédibilité dans l’axe et déjà une marque déposée, celle de l’attaquant qui se retourne le mieux du championnat depuis le Luyindula des grandes années. «On voit qu'il a quelque chose de très fort. La qualité de ses déplacements est une autre de ses principales armes» confie Gérald Baticle, responsable de l’entraînement des attaquants à l’OL. «Dans les petits espaces, il est capable de prendre les bonnes décisions: tirer, passer ou combiner. Il est de plus en plus juste. Et avec son goût prononcé pour la finition, ça fait souvent mouche» ajoute Mombaerts, son ancien sélectionneur, dans le 10 sport.

«J’aimerais bien  voir ce que ça donne sur toute une saison»

De quoi lever pour de bon le malentendu? Garde ne se mouille pas et réclame toujours «un peu plus d’expérience dans sa ligne d’attaque». Traduction, un attaquant supplémentaire dans l’axe. Ou sur le côté, si Lacazette fait ce qu’il faut et que Benzia, le dernier arrivé, ne lui grille pas la politesse en pointe. «Voilà, j’avais annoncé en début de saison avoir envie de voir si j’avais les épaules assez solides pour tenir ce rôle de 9 poursuit Lacazette dans une interview accordée à sports.fr. Mais cela fait seulement deux matchs disputés à ce poste, j’aimerais bien voir sur toute une saison.» Cela ne tient qu’à deux bonnes prestations face à la Real Sociedad. Et aux buts qui vont avec.