PSG: Lucas Digne, le second choix devenu star de la Ligue 1

Romain Scotto

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Le défenseur de l'équipe de France des moins de 20 ans, Lucas Digne (à g.), lors du championnat du monde des U20 le 6 juillet 2013 à Rize en Turquie.
Le défenseur de l'équipe de France des moins de 20 ans, Lucas Digne (à g.), lors du championnat du monde des U20 le 6 juillet 2013 à Rize en Turquie. — A.Franca/Sipa

Il aurait pu poursuivre l’aventure à Lille où il était lié jusqu’en 2017, profiter du grand stade un peu plus longtemps et faire partie des hommes de base du nouveau coach René Girard. Mais Lille n’est déjà plus un club en adéquation avec le talent et l’ambition de Lucas Digne, qui s’est engagé mercredi à Paris pour cinq ans. Le club parisien, qui ne regarde pas à la dépense, n’a pas hésité à lâcher 15 millions d’euros pour se payer le nouveau champion du monde des moins de 20 ans, cité à Monaco et Chelsea, qui a aussi la chance d’évoluer à un poste sinistré en France.

Dans un club où évolue déjà Maxwell, il n’est pas dit que le joueur à crête ne passe pas quelques semaines sur le banc. A 19 ans, sa trajectoire impressionne pourtant déjà ceux qui le côtoyaient il y a encore cinq ans: «Je n’aurais pas pu imaginer le voir dans une équipe aussi forte», avoue Jean-Michel Cholet qui l’a entraîné trois ans à l’US Crépy-en-Valois avant son arrivée à Lille. A l’époque, l’éducateur le faisait jouer en attaque où Digne pouvait pleinement exprimer ses qualités de vitesse. «Il était super rapide et marquait énormément de buts. C’est pour ça qu’il jouait devant. Il n’y en avait pas beaucoup comme lui. Même aujourd’hui, je m’étonne de le voir à ce poste. Je le verrais plus milieu de terrain. Il amènerait plus de danger offensivement.»

Le Losc voulait faire signer son frère

C’est pourtant un cran plus bas que Digne s’est fait un nom. Mais surtout un prénom. A l’origine, ce n’est pas Lucas, mais son grand frère Mathieu que les recruteurs lillois ont attiré à Luchin. Toute la famille a alors quitté la région parisienne pour s’installer dans le Nord. A l’époque, cet admirateur de Philipp Lahm rêve d’un tout autre club que le Losc: l’AJ Auxerre. Mais son talent n’échappe pas aux dirigeants lillois qui lui offrent un premier contrat pro en 2011 à l’inverse de son frère, freiné par une blessure et reconverti infirmier.

«Il avait une détermination incroyable, souligne Jean-Michel Vandamme, le directeur du centre de formation. On devait l'interdire d'entraînement. Parfois, les entraîneurs le viraient parce qu'il en faisait trop. Il fallait lui dire: Arrête de faire des exercices, rentre chez toi!» Grâce à ses efforts, Digne passe en deux ans du statut d’espoir de L1 à un joueur confirmé de Ligue des champions. Celui qui se fait appeler «Ratatouille» pour sa ressemblance avec le cuistot du dessin animé est même appelé par Didier Deschamps en équipe de France en mars dernier (face à la Géorgie et l’Espagne). Avant de faire partie des cadres de l’équipe des U20 sacrée championne du monde. «S’il est allé si vite, c’est parce que c’est un gagneur, note Jean-Michel Cholet. Je me souviens qu’il ne supportait pas d’être mené. Une fois, alors qu’on perdait, il a mal répondu à son père qui est entré sur le terrain, l’a attrapé et l’a corrigé dans le vestiaire. Ça a bardé.»

En le voyant rejoindre Paris, son ancien formateur ne l’imagine pas changer totalement de monde. Lucas Digne restera pour lui ce «gamin timide mais sympathique», qui lui offre encore des places de match temps en temps. Mickaël Landreau qui a assisté à son éclosion à Lille «espère qu'il restera sain et travailleur comme il est aujourd'hui. Il a un très bel avenir devant lui», avouait récemment le gardien bastiais à 20 Minutes. Un gardien «fan» d'un joueur qui a pourtant treize ans de moins que lui et d’une jeunesse qui pourrait bien illuminer Paris.