Football : l'Olympique de Marseille pique sa crise

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« J'ai vu une équipe hors du coup se faire éliminer dans tous les compartiments du jeu. Mais j'ai surtout vu une équipe démissionner. Ce qui est inadmissible quand on joue à l'OM. » La colère du président Pape Diouf résonne encore dans les couloirs du Stade-Vélodrome. Battu par Lorient (0-1) samedi, lors de la 12e journée de Ligue 1, au terme de sa plus mauvaise prestation de la saison, l'OM a enregistré sa quatrième défaite consécutive toutes compétitions confondues et a cédé sa deuxième place à Nancy, vainqueur (2-1) hier à Bordeaux. Cette spirale infernale plonge le club dans la tourmente. Une crise qui couvait depuis le revers face à Lyon (1-4) le 22 octobre dernier. Désormais, il n'est plus temps de se voiler la face. « On ne peut pas laisser les choses en l'état. S'il faut prendre des décisions, quelles qu'elles soient, on les prendra », annonce sans détour Pape Diouf.

Des propos qui visent en premier lieu les joueurs pour leur manque d'engagement mais qui pourraient tout aussi bien s'adresser à Albert Emon. Hier matin, lors du décrassage à La Commanderie, l'entraîneur phocéen n'était d'ailleurs pas dupe. « J'espère que tout le monde se sent visé. Moi le premier. C'est tout à fait normal. Quatre défaites, c'est difficile à vivre. »

Adoubé en début de saison pour sa tactique offensive, Emon se retrouve aujourd'hui sur la sellette. Une position qui met mal à l'aise certains Olympiens, à l'image de Mamadou Niang. « Albert fait un travail formidable depuis le début de saison. C'est navrant de lui mettre ainsi la pression car c'est à nous, joueurs, de mouiller le maillot, confie l'attaquant. Ce sont les joueurs qui sont responsables de cette situation. Pas Albert. » Un esprit de solidarité que les Marseillais devront également afficher sur le terrain, dimanche prochain, lors du déplacement à Lille qui s'annonce décisif.

Julien Pourtal