Euro féminin: Les gardiennes, talons d’Achille du foot féminin?

FOOTBALL Le problème se situe au niveau de la formation mais concerne moins le plus haut niveau…

N. S. avec S. M.

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La gardienne de but de l'équipe de France, Bérangère Sapowicz, lors d'un match de la Coupe du monde féminine contre le Nigéria, le 26 juin 2011 à Sinsheim, en Allemagne.
La gardienne de but de l'équipe de France, Bérangère Sapowicz, lors d'un match de la Coupe du monde féminine contre le Nigéria, le 26 juin 2011 à Sinsheim, en Allemagne. — T.Kienzle/AFP

Attention: Les critiques suivantes à l’égard des gardiennes de but n’émanent pas d’un détracteur du foot féminin mais de la FIFA, à l’issue du dernier Mondial, en 2011. Le rapport officiel pointait des «difficultés à bloquer les tirs et à faire face aux situations de un-contre-un, mais aussi sur les ballons aériens.» La situation a-t-elle changé, alors que les Françaises attaquent l’Euro vendredi? «Ce poste est le point faible des équipes de foot féminin, confirme Hervé Didier, entraîneur des filles de Saint-Etienne, récentes sixièmes de D1. C’est un problème récurrent, lié à la formation. Quand elles commencent le foot avec des garçons, les jeunes filles sont rarement mises dans les cages. Elles débutent leur formation beaucoup plus tard, même si cela commence à changer.»

Grandes équipes, grandes gardiennes

Cependant, l’observation n’est plus vraie au plus haut niveau international, selon Elisabeth Loisel. «Quand on veut aller au bout d’une compétition, il faut une bonne gardienne, lâche l’ancien sélectionneur des équipes de France (1997-2007) puis de Chine (2007-08). En 2012, les Etats-Unis sont championnes olympiques avec une Hope Solo monstrueuse. Un an avant, les Japonaises gagnent la Coupe du monde grâce à une gardienne [Ayumi Kaihori] qui a fait des exploits durant toute la compétition.»

Et Sarah Bouhaddi dans tout ça? La gardienne des Bleues a été écartée pendant de longs mois par le sélectionneur Bruno Bini, avant de retrouver son poste après le piètre Mondial 2011 livré par sa concurrente Bérangère Sapowicz. «Pour moi, c’est l’une des meilleures du monde, juge Loisel. Je trouve dommage qu’elle n’ait pas eu la chance d’avoir une continuité en équipe de France, alors que c’est un poste qui demande beaucoup de confiance. Cela a été un handicap dans son évolution. A l’époque, lorsque je l’ai lancée, c’était certainement le plus gros potentiel au monde.»

Bouhaddi moins sereine qu’à Lyon?

Solide et athlétique, Bouhaddi commet toutefois quelques erreurs sous le maillot bleu comme samedi en amical face à l’Australie (0-2). «A Lyon, Sarah est titulaire indiscutable, mais son statut est remis en cause en équipe de France où la hiérarchie n’est pas vraiment établie, note Cécile Locatelli, ancienne international et consultante sur Eurosport. Bruno Bini reste attentif à Céline Deville [autre Lyonnaise]. Sarah est donc moins en confiance qu’elle ne l’est à l’OL où elle répond souvent présente en Ligue des champions ou lors des affiches de championnat contre le PSG et Juvisy.» «Difficile de comparer entre l’équipe de France et le club, juge pour sa part Hervé Didier. Il y a des matchs où elle ne touche pas un ballon.» Ce ne sera pas le cas lors de cet Euro, à commencer par ce vendredi contre la Russie.