Romain Mesnil: «Le 6 juillet au Stade de France, ce sera ma dernière compétition»

Propos recueillis par Marc Nouaux à Bordeaux

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Le perchiste Romain Mesnil aux JO de Londres, le 8 août 2012.
Le perchiste Romain Mesnil aux JO de Londres, le 8 août 2012. — FRANCK FIFE / AFP

A 36 ans, Romain Mesnil va ranger définitivement ses perches après plus de quinze années au plus haut niveau, deux médailles d’argent en championnat du Monde et une en championnat d’Europe. Déjà en phase de transition avec sa nouvelle vie professionnelle depuis le début de la saison, le Bordelais explique qu’il «n’arrivait plus à (se) faire violence».

Où en êtes-vous de votre saison de transition?

J’en suis plutôt à la fin. Je fais encore deux compétitions la semaine prochaine. Le 2 juillet je serai au meeting de Nancy puis le 6 au Stade de France pour le meeting Areva. Et je pense que ce sera ma dernière... Je voulais faire Monaco mais l’organisateur m’a dit que ce serait difficile cette année donc j’arrêterai après le Stade de France.

Vous n’irez donc pas aux Mondiaux à Tokyo en août…

Non, c’est certain. Pour moi, j’ai envie que les choses soient claires. J’ai envie de me dire que le Stade de France, c’est la dernière de ma carrière. Terminer devant 50 000 spectateurs, c’est pas mal aussi quand même ! Même si ce sera de la pression pour être au niveau, il y aura beaucoup de plaisir.

Quel est l’état d’esprit avant d’aborder les deux dernières compétitions de sa carrière?

L’objectif, c’est d’atteindre 5 mètres 60 car je m’y suis bien remis ces dernières semaines malgré les mauvaises conditions météo et de travail, puisque je n’avais pas forcément le temps. Mais là, je me dis qu’il n’en reste que deux donc je suis motivé pour tout donner. C’est dur de se faire violence mais comme je sais qu’il ne reste que deux combats, c’est plus facile. En étant bien physiquement, je pourrai arrêter en me faisant plaisir.

Qu’est ce qui a motivé cet arrêt définitif?

Cela fait trois mois que je travaille à plein temps en tant qu’ingénieur d’affaires. J’ai beaucoup moins de temps pour me préparer et m’entraîner. Je n’arrive plus à me faire violence à l’entraînement et la perche, c’est un sport qu’il faut pratiquer à fond. Initialement, je m’étais posé la question de faire les Championnats du Monde mais je n’ai pas fait beaucoup de compétitions et je ne suis pas au top en termes de performances.

C’est une décision qui est venue naturellement?

Oui, je pense que tout simplement, j’ai envie d’arrêter. C’est le fait de travailler à côté aussi. Cela me pompe beaucoup d’énergie. Pour aller jusqu’à Moscou, il aurait fallu que je me batte beaucoup en étant assidu à l’entraînement. Je ne suis pas persuadé que j’en suis encore capable.