Une quinzaine du blanc à respecter

Romain Scotto

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Serena Williams a obtenu le droit de porter une culotte orange.
Serena Williams a obtenu le droit de porter une culotte orange. — S. Tan / AP / Sipa

Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Sauf à Wimbledon, où seul le blanc fait office de dress code universel. Dans l'enceinte du All England Lawn Tennis Club, le règlement est clair au point de s'interroger sur le port de la culotte orange (ou shorty pour les puristes) de Maria Sharapova et Serena Williams. Puisqu'il s'agit de sous-vêtements et non de tenues officielles, les deux jeunes femmes ont été autorisées à les porter sous leurs jupettes. Roger Federer n'a pas non plus été inquiété pour ses semelles orangées, laissant courir l'idée d'un traitement de faveur.

En revanche, l'entraîneur de Benoît Paire a eu moins de chance en début de semaine lors d'un entraînement. Vêtu de noir, Lionel Zimbler a été invité à observer son joueur à l'extérieur du court. A l'ouest de Londres, l'imposition du blanc intégral date du début des années 1960 lorsque les joueurs souhaitaient masquer les traces de transpiration. Seuls des liserés sur les manches sont autorisés. Récemment, le concept a été défendu par la reine Elisabeth herself, soucieuse de conserver les traditions locales.

Le poids de la tradition


Chez les joueurs, le sujet divise les excentriques aux tenues flashy et les fans des soirées blanches. Aravane Rezaï s'est récemment élevée contre cette tradition so british, après s'être fait recaler pour une tenue trop argentée. Nathalie Tauziat, finaliste à «Wimb» en 1998, se souvient d'avoir également été pointée du doigt à l'entrée du court, mais défend ces traditions quitte à passer pour une joueuse vieux jeu. «On connaît les règles ici et il faut les respecter. J'aime les traditions, ça ne fait pas de mal.»

L'ancienne numéro 1 française comprend aussi que certains cadors puissent bénéficier d'un peu de clémence. «Sur tous les tournois, les meilleurs ont des avantages, c'est connu. C'est normal. Vous croyez sincèrement qu'on va aller emmerder Federer parce qu'il a des semelles orange. Ça ne se voit même pas de toute façon.» Sauf en cas de roulé-boulé pour fêter sa victoire finale sur le gazon.

■ Williams expéditive

Serena Williams a passé le premier tour de Wimbledon en 57 minutes face à la Luxembourgeoise Mandy Minella (6-1, 6-3). Victorieuse de Roland-Garros, l'Américaine en est à 32 matchs remportés d'affilée.