Equipe de France: Quelle est la responsabilité de Didier Deschamps?

Romain Baheux

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Didier Deschamps lors d'une conférence de presse le 8 juin 2013.
Didier Deschamps lors d'une conférence de presse le 8 juin 2013. — FRANCK FIFE / AFP

Pour ceux qui en doutaient encore, l’état de grâce est terminé pour Didier Deschamps. Moyen avant d’affronter l’Uruguay et le Brésil, le bilan du sélectionneur de l’équipe de France s’est alourdi avec la tournée sud-américaine ratée et les défaites contre l’Uruguay et le Brésil. Près d’un an après son arrivée à la tête des Bleus, l’ancien entraîneur a perdu cinq de ses onze rencontres et comptabilise déjà un revers de plus que Laurent Blanc durant l’ensemble de son mandat.

«Sa responsabilité est engagée»

«Les chiffres ne m’inquiètent pas tant que ça, c’est plus le comportement général de l’équipe qui m’interpelle, souligne Olivier Rouyer, ancien international et consultant pour Canal+. On a vu un manque d’engagement et de détermination. Automatiquement, le sélectionneur est responsable du match que livrent ses joueurs. Sa responsabilité est engagée.»

Critique face à des joueurs «pas là ni dans la tête ni dans les jambes» après le revers contre le Brésil (3-0), Deschamps doit faire face à certaines limites de sa sélection. Incarnée par Karim Benzema, muet depuis 1.082 minutes en Bleu, l’attaque tricolore n’a pas inscrit le moindre but sur les trois derniers matchs. «Ca doit le frustrer car c’est un entraîneur qui a eu l’habitude de souvent gagner dans sa carrière, estime Michel Hidalgo, ancien sélectionneur de l’équipe de France. Globalement, j’ai l’impression qu’il est encore en phase de test avec son équipe. Il n’a pas tout à fait défini ce qu’il veut faire.»

Les barrages pour trancher

En attaque, les Bleus sont suspendus au réveil de l’attaquant du Real Madrid. Au milieu, le sélectionneur cherche encore un joueur pour évoluer avec Matuidi et Cabaye. Derrière, la défense reste à dessiner après la contre-performance d’Evra contre l’Espagne. Dans l’axe, Raphaël Varane a tout pour être le futur taulier mais ne compte encore que deux sélections.

Le projet de Deschamps devra rapidement se préciser. Deuxième de son groupe de qualification, la France devra, sauf défaillance surprise de l’Espagne, passer par les barrages de qualification à l’automne pour retourner au Brésil pour la Coupe du monde 2014. «Il sera jugé à ce moment là», poursuit Michel Hidalgo. «Là, le bilan de son mandat sera facile à dresser, ajoute Olivier Rouyer. Si on échoue, les dirigeants devront prendre leurs responsabilités.»