Dopage: L’équipe de France de 2006 tournait seulement aux vitamines, selon l'ancien médecin des Bleus

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B.V.

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Zinédine Zidane, lors d'un match de Coupe du monde contre la Corée du Sud, le 18 juin 2006 à Leipzig.
Zinédine Zidane, lors d'un match de Coupe du monde contre la Corée du Sud, le 18 juin 2006 à Leipzig. — Chine Nouvelle/Sipa

En 2006, l'équipe de France de football a atteint la finale du Mondial avec simplement du «Berocca et du Vitascorbol», des vitamines et minéraux communs, sans aucune forme de dopage donc, a affirmé jeudi le Dr Jean-Pierre Paclet, qui était alors le médecin des Bleus.

«Je peux vous garantir que l'équipe de France de 2006 est allée en finale avec du Berocca et du Vitascorbol», a déclaré l'ancien médecin de l'équipe de France de 2004 à 2008 devant la commission d'enquête sénatoriale sur l'efficacité de la lutte contre le dopage.

Dopage plutôt dans les clubs

Comme dans son livre «L'implosion», publiée en 2010, le médecin s'est en revanche montré moins formel pour la période qui a précédé, celle de l'âge d'or des Bleus avec les succès au Mondial-98 et à l'Euro-2000. Il est ainsi revenu sur les hématocrites anormaux observés chez certains Bleus en 98, en particulier ceux évoluant alors à la Juventus Turin (Didier Deschamps et Zinédine Zidane).

«Ce n'est pas une révélation. Il y avait eu le procès de Turin, où les chiffres étaient dans les actes du procès. C'étaient ceux qui jouaient à la Juve, Deschamps et Zidane, c'est sûr, qui présentaient des variations qui semblaient un peu anormales. Un spécialiste italien avait même dit que ça ne pouvait être que la conséquence de prises exogènes d'EPO. Mais quand c'est sorti, en 2002 je crois, on ne touchait pas aux icônes», a-t-il rappelé.

«Ce n'était pas forcément les pratiques du staff de l'équipe de France, plutôt celles des clubs où les joueurs jouaient», a-t-il précisé. Interrogé à la sortie de son audition, le médecin a déclaré qu'il avait pu voir «des changements» à ce niveau pour les joueurs présents à la fois en 98 et en 2006.

En 2006, tout était nickel

«En 2006, tout était nickel. Manifestement, la mode était passée. Je n'ai aucun doute. Tous les dossiers médicaux sont à Clairefontaine et je n'ai pas eu le moindre soupçon ou arrière soupçon en les analysant», a-t-il affirmé. Jean-Pierre Paclet est également revenu sur ses 15 années passées aux côtés de Raymond Domenech (Espoirs et A) avec qui, sur le sujet du dopage, il a «été d'accord tout le temps. Je n'ai jamais eu aucune demande de sa part».

En conclusion à son audition, le Dr Paclet a mis l'accent sur les sanctions, qui, selon lui, devraient être «collectives» pour impliquer un peu plus les clubs. Il a toutefois avancé devant la presse, que «globalement, il n'y a pas de dopage dans le football, parce que ça ne sert pas à grand-chose», invitant à «se méfier des doutes visuels». «Quand on voit le Bayern, on peut se dire ‘quel carburant ont-ils mis dans la machine?’, mais ça se peut aussi que ce soit la manière de jouer qui fasse qu'on ait cette impression. Les doutes, il faut les écarter par des contrôles multipliés», a-t-il indiqué.