Ligue des champions: Le Real dos au Mur à Dortmund

FOOTBALL Face au Real Madrid, le club allemand comptera encore sur ses supporters, entassés sur une tribune latérale...

R.S.

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 Le Mur du stade du Borussia Dortmund, lors d'un macth contre le Shakhtar Donetsk, le 5 mars 2013.
Le Mur du stade du Borussia Dortmund, lors d'un macth contre le Shakhtar Donetsk, le 5 mars 2013. — W.Rattay/REUTERS

Cela commence par une main posée sur l’épaule du voisin, des chants entonnés à la gloire du Borussia et des écharpes jaunes et noires qui tournoient en cadence. Quelle que soit l’affiche du soir, l’entrée des joueurs sur la pelouse de Dortmund est toujours une expérience à part, vue des tribunes du Signal Iduna Park. Dans l’ancien «Westfalenstadion», qui accueillera le Real en demi-finale de la Ligue des champions, mercredi soir, le poumon principal est toujours une tribune latérale. Un «Mur» de 24.000 places, la plus grande tribune d’Europe. Dans toute l’Allemagne, aucune ne possède les spécificités de cette fameuse «Südtribüne», avec son architecture monolithique sans balcon, ni étages. «Quand tu es en bas, tu as l’impression d’être un tout petit truc en face de cela», confirme Ahmed Madouni, ancien joueur du Borussia entre 2001 et 2005, qui s’est très souvent senti poussé par ce «raidard» humain dressé à l’aplomb de la pelouse.

Champion d’Allemagne en 2002, l’international algérien n’a pas toujours été titulaire avec le Borussia. Du coup, il en profitait pour admirer le «Mur» depuis le banc de touche, au lieu de regarder les matchs. «C’est impressionnant. Quand ça crie, ça siffle, le public scande le nom des joueurs. C’est vraiment très fort.» En face, les adversaires ont très vite «les jambes qui tremblotent» s‘ils ne sont pas expérimentés, assure Yacine Abdessadki. L’ancien joueur de Fribourg a écumé tous les stades allemands pendant quatre ans et ne trouve pas d’équivalent en Bundesliga.

Une capacité réduite pour le sommet face au Real

Ici, le public arrive plus de cinq heures avant le coup d’envoi du match, est vêtu de la tête aux pieds aux couleurs du Borussia et s’imbibe sans ciller à la blonde. «Ils ont l’alcool facile, mais il n’y a jamais de problèmes, enchaîne Madouni. C’est un beau public familial. Avec les mères et les grands-mères. Ils sont très respectueux.» Yacine Abdessadki n’a d’ailleurs pas souvenir d’un seul incident au Signal Iduna Park. Jamais une insulte ou un godet reçu sur la tête. 

«Ça fait du bruit, mais ce n’est jamais contre le joueur. Ils encouragent plus qu’autre chose. C’est impressionnant. Sur le terrain, on ne s’entend pas à deux mètres. Donner des consignes ou s’encourager est très difficile.» Mercredi soir, l’effet porte-voix sera pourtant légèrement atténué par la configuration du stade. Pour répondre aux normes de sécurité de l’UEFA, la capacité est réduite de à 80.000 à 66.000 places. Largement assez pour transcender les «Gelb und Schwarz» (les Jaune et Noir) contre le Real.