Football : Fabre et Moreau, les talents gâchés du FC Nantes

©2006 20 minutes

— 

Mickaël Fabre et Mathieu Moreau, destins croisés. Formés au FC Nantes à la fin des années 1990, ces deux gardiens de but sont tombés dans le quasi-anonymat. Et ce, depuis leur départ prématuré de la Jonelière vers le Calcio. C'est Mickaël Fabre, 22 ans, qui a ouvert la voie. A 16 ans, direction Bologne (Série A). « Les dirigeants nantais ne me proposaient pas de contrat, se souvient, six saisons plus tard, l'actuel deuxième gardien de Clermont Foot [National]. De son côté, Bologne m'a offert un projet séduisant : un contrat pro et un poste de troisième gardien en première division ! » Les émoluments – « intéressants mais pas astronomiques » – feront également pencher la balance. « Quand il a su que j'allais signer à Bologne, Nantes m'a fait envoyer, le lendemain, un contrat aspirant chez moi », s'amuse celui qui a côtoyé toutes les équipes de France chez les jeunes. « Mais c'était trop tard ! »

Deux ans en réserve à Bologne, six mois à la Fiorentina (Série C) puis trois ans à cirer le banc à Sedan (L2), Fabre plafonne et ne confirme pas les espoirs placés en lui au cours de sa formation nantaise. « Je n'ai aucun regret d'être parti si tôt de Nantes », affirme-t-il pourtant.

Même choix de carrière pour Mathieu Moreau, 23 ans. Et mêmes déboires. Cinq ans auparavant, il avait opté pour l'Inter Milan. « Une autre dimension que le FC Nantes », selon lui. Guère utilisé pendant trois ans car barré par Toldo et Fontana, Moreau enchaîne les prêts dans des clubs de Série C italienne. Actuellement, il soigne une rupture des ligaments croisés du genou à Lucchese et vient de resigner pour trois ans à l'Inter. Des regrets quant à sa décision de quitter si jeune le FC Nantes ? Moreau est moins catégorique que Fabre, son ami de toujours. « Si c'était à refaire, je le referais », répond-il. Avant d'ajouter : « Mais si j'avais été patient, je serais peut-être aujourd'hui à la place de Vincent Briant [le gardien titulaire des Canaris] ! »

David Phelippeau (avec F. B.)

« Il y a quelques années, on avait un mal fou à faire comprendre aux jeunes joueurs qu'il valait mieux être le meilleur dans son jardin que 3e ou 4e dans une équipe plus attractive, mais dans laquelle la concurrence est plus grande. » L'ex-directeur sportif du FC Nantes, Robert Budzynski, se rappelle très bien de ces deux gardiens, « très talentueux et très regrettés à leur départ ». « Maintenant, les jeunes résistent plus car ils sont mieux conseillés et connaissent la réputation de la formation à la française. »