Brian joubert glisse dans l'inconnu

romain scotto

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Brian Joubert lors d'une séance d'entraînement, le 11 mars.
Brian Joubert lors d'une séance d'entraînement, le 11 mars. — D. CUMMINGS / AP / SIPA

Il n'y a rien d'infamant pour un patineur à tourner en rond. C'est même conseillé pour être performant. En dehors des patinoires, en revanche, Brian Joubert combat la monotonie en permanence. Depuis trois ans et des JO ratés, le Poitevin cherche la formule idoine pour retrouver le niveau qui lui avait permis de devenir champion du monde en 2007. Changements d'entraîneurs, déménagements et nouveau programme font partie du quotidien d'un athlète qui entame mercredi les Mondiaux de London, au Canada, dans l'inconnu.

Il y a quelques semaines, Didier Gailhaguet, le président de la fédération, assurait que le patineur y serait «très fort». Peut-être parce que Joubert n'est jamais aussi performant que quand il est délesté de toute pression.

Changements de patinoire


«Il se reconstruit depuis les Jeux de Vancouver avec les soucis du quotidien. Ce n'est pas facile pour lui de s'adapter en permanence», analyse Alban Préaubert, ancien patineur désormais consultant. A Poitiers où Joubert s'entraînait, les travaux de la patinoire municipale l'ont contraint à l'exil. D'abord à Champigny, en région parisienne, puis à Bercy depuis décembre.

Il y a encore trois mois, Joubert était SPF, sans patinoire fixe, et sans coach après sa rupture avec Annick Dumont. Comme souvent, il voulait alors retravailler avec Véronique Guyon, «son entraîneur de base, celle qui lui a tout appris. La meilleure techniquement.» Mais la coach n'a pas accepté la mission. Au final, c'est avec Katia Krier que le Poitevin a préparé son nouveau programme sur le thème de « Gladiator » pour ses Mondiaux.

«On ne va pas se mentir, ce n'est pas le favori de la compétition, enchaîne Préaubert. Il peut créer la sensation. Brian est un patineur qu'il ne faut jamais enterrer.» L'année dernière, il avait surpris beaucoup de monde en prenant la quatrième place des championnats du monde de Nice, devant Florent Amodio. A un an des Jeux de Sotchi, il est aussi l'un des seuls athlètes, avec l'Espagnol Fernandez, capable d'annoncer un triple quad sur le papier. Glacé, évidemment.