Tournoi des VI Nations: On a perdu le XV de France du mois de novembre

Au Stade de France, Bertrand Volpilhac

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Frédéric Michalak (à gauche) et Damien Chouly, lors de la défaite des Français contre le pays de Galles, le 9 février 2013, à Saint-Denis.
Frédéric Michalak (à gauche) et Damien Chouly, lors de la défaite des Français contre le pays de Galles, le 9 février 2013, à Saint-Denis. — F.FIFE/AFP

«En novembre, on était en lévitation. Aujourd'hui, on est au fin fond du Tournoi des VI Nations.» Voilà son équipe de France, à Philippe Saint-André. Championne du monde de l'inconstance, reine de la dépression impromptue, elle vient d'enchaîner deux défaites pathétiques face à l'Italie puis le pays de Galles (6-16), trois mois après avoir massacré l'Australie, entre autres. Pourquoi? Parce qu'elle est en difficulté sur ce qui faisait sa force en novembre.

Adieu réalisme 

«C’est difficile de battre les équipes adversaires si on ne concrétise pas nos temps forts.» Limpide et lapidaire, Thierry Dusautoir sait vous résumer un match en une phrase. Face au pays de Galles, les Bleus ont eu des occasions de prendre le score, mais ils ne l'ont pas fait. A cause d'un ballon tombé, d'un souffle de vent, bref de ces tous petits rien «qui faisaient que le match basculait en notre faveur», complète le pilier Vincent Debaty. «Par rapport à novembre, il nous manque de la réussite, analyse froidement le demi de mêlée Maxime Machenaud. On mettait nos occasions au fond, que ce soit les drops ou les un contre un, Ce (samedi) soir, on aurait aussi bien pu gagner mais on n’a jamais pu les décrocher au score.» 

Charnière en galère 

C'est ensemble qu'ils avaient brillé pendant la tournée. C'est toujours ensemble qu'ils souffrent pendant ce tournoi. L'axe 9-10, Maxime Machenaud et Frédéric Michalak, est en grande difficulté. Mauvais choix, jeu au pied systématique et douteux, ils n'arrivent pas à donner du volume au jeu des Bleus. «On a perdu le fil de ce qu'on voulait faire dans l'animation, on arrive plus à alimenter et garder la vitesse du jeu» note l'entraîneur des arrières, Patrice Lagisquet. «Autant au moins de novembre on arrivait à mettre de la rapidité et du mouvement dans le jeu, grâce à des libérations rapide.. autant là on a eu mal», explique «PSA» sans cibler nommément ses joueurs. Bousculés dans le secteur des rucks, les Bleus et Machenaud n'ont jamais réussi à enchaîner les temps de jeu.

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Des ballons de récupération gâchés

C'est peut-être un détail pour vous, mais pour eux ça vous dire beaucoup. Les ballons de récupération grattés par la défense et transformés en occasions d'attaque, arme fatale du rugby moderne, ont été «massacré» par le XV de France, selon Saint-André. Son adjoint Patrice Lagisquet, explique: «On avait vraiment été efficace là-dessus en novembre. On a quelques bons ballons à jouer et on s'est affolés, on les a redonné au pied trop vite au lieu d'essayer de les exploiter. L'action de la première mi-temps ou Fall récupère le ballon face au pays de Galles, c'est un peu la même que celle face à l'Australie où Michalak fait crochet intérieur et va marquer. Là, si Benjamin écarte, les Gallois paraissent très mal...» 

Des corps fatigués

Top 14, Hcup, Tournoi, ça commence à faire beaucoup pour les organismes des internationaux. Mis à mal physiquement, les Bleus n'ont pas marché sur leur adversaires comme à l'automne. «Il ne faut pas qu'on se cache derrière ça même si la saison est longue et qu'on a pas le même niveau de fraîcheur» souffle Maxime Mermoz. «En deuxième mi-temps, on a eu l'impression qu'on n'était incapable de changer de rythme, de mettre un coup d'accélérateur, comme un diesel», poursuit Patrice Lagisquet. «On manque de jus, d'impact pour faire les différences, conclut Frédéric Michalak. Sur les plaquages, on a subi énormément.»