Biographie de Zlatan Ibrahimovic: «Pendant sept huit mois, j'étais Zlatan»

FOOTBALL Le journaliste suédois David Lagercrantz a coécrit la biographie de la star du PSG...

propos recueillis par romain baheux
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David Lagercrantz explique que Zlatan Ibrahimovic ne lui a rien caché de sa vie.
David Lagercrantz explique que Zlatan Ibrahimovic ne lui a rien caché de sa vie. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Avec cet ouvrage, il est passé tout près du prix August, l'une des distinctions littéraires les plus importantes en Suède. A Paris pour assurer la promotion de l'autobiographie de Zlatan Ibrahimovic qu'il a coécrite, le journaliste suédois David Lagercrantz évoque la rédaction du livre avec l'attaquant du PSG.

 

Qu'est-ce qui vous  a donné envie d'écrire l'autobiographie  de Zlatan Ibrahimovic?

En lisant des choses sur lui, j'ai immédiatement vu le potentiel de l'histoire qu'il y avait à raconter ; ce jeune homme sorti du ghetto, une incarnation du rêve américain version suédoise… Pour moi, c'était une bonne opportunité de parler des banlieues, via ce personnage.

 

Comment se passaient  les entretiens?

J'étais très nerveux avant de le rencontrer pour la première fois. Il s'est tourné vers moi et m'a dit: «David, est-ce que tu crois en Dieu?» Je lui ai répondu que je ne savais pas et il m'a dit: «Alors, tu ne crois pas en Zlatan non plus!» Ensuite, on se parlait pendant des heures. On faisait ça à Milan ou dans sa maison de Malmö. Au début, il était très viril, presque macho, à me parler de voitures. On voit que c'est quelqu'un qui a vécu avec des hommes toute sa vie. Il s'est vite rendu compte que ce livre était un bon moyen de se comprendre lui-même. Je me suis familiarisé avec le personnage et je me le suis approprié. Pendant sept huit mois, j'étais Zlatan.

 

Le livre évoque l'alcoolisme de son père et la toxicomanie de sa demi-sœur. A-t-il eu du mal  à se livrer sur ces sujets?

Il voulait écrire un livre sans cacher une quelconque part de sa vie, mais il s'est vite rendu compte que cette vérité pouvait blesser certains de ses proches. Il fallait quand même écrire que son père pouvait parfois être ivre mort, que le frigo était vide et que sa mère le tapait à coups de cuillère. Il m'a dit: «Tu peux raconter tout ça, mais fais-le avec amour David.»