Mondial de hand: Les Bleus n'en font pas un drame

Julien Laloye

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Les Experts après leur défaite face à la Croatie, le 23 janvier 2013 à Saragosse (Espagne)
Les Experts après leur défaite face à la Croatie, le 23 janvier 2013 à Saragosse (Espagne) — M.Fernandez/SIPA

De notre envoyé spécial à Saragosse (Espagne)

Didier Dinart s’est d’abord précipité dans le vestiaire sans un regard. Puis il a fini par en ressortir, pour donner le ton après son dernier match dans une grande compétition. De la déception, oui, de l’abattement non. «Je pense que l’équipe de France n’a pas été au niveau, aussi bien en attaque qu’en défense, même s’il y a eu du mieux ce soir. Mais je retiendrai tout ce que cette équipe exceptionnelle a gagné ces dernières années, et ce n’est pas cette défaite face à la Croatie qui va changer ça.»

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Malgré l’ampleur de l’échec, difficilement prévisible, tous les coéquipiers de Didier Dinart le rejoignent sur ce point : Le haut niveau est fait de cycles, et la France, après avoir tout raflé depuis cinq ans, ne pouvait pas rester tout en haut éternellement: «C’est dommage pour ceux qui vont s’en aller là de finir là-dessus se désole Xavier Barachet, l’épaule en vrac. Mais ça a été tellement difficile de rester au meilleur niveau toutes ces années, de gagner tous ces titres, c’est normal que parfois ça ne fonctionne pas».

Thierry Omeyer, énorme contre ces mêmes Croates en demi-finale olympique et presque anonyme mercredi, pointe lui aussi la fatalité : «Les ballons qui touchaient les poteaux, au lieu de finir derrière la ligne, ils ont fini devant. Il n’y a pas eu que ça, mais ça n’a pas voulu basculer de notre côté.»

«On n’avait pas le temps de renouveler l’équipe»

Certains, comme Cédric Sorhaindo, reconnaissent tout de même que la sortie de route était prévisible, sans rentrer dans les détails: «Rentrer à la maison si tôt, on ne peut pas dire que l’objectif fixé est atteint. Mais c’est surtout la manière qui dérange. On a cherché un match référence qu’on n’a jamais trouvé». Peut-être parce que certains cadres en bout de course n'ont pas répondu aux attentes, même s’il est facile de céder à la tentation de chercher des coupables.

Souvent dépassé en défense, Didier Dinart l’assure, il ne voit pas «qui aurait pu prendre sa place en cinq mois depuis les JO.» Jérôme Fernandez, invisible malgré un léger mieux contre les Croates, ne se pose pas non plus la question : «Je suis très fier de porter ce maillot et je sens que je peux encore apporter, même si c’est le sélectionneur qui choisit.» Claude Onesta, justement, ne renie rien de sa logique : «On n’avait pas le temps de renouveler l’équipe en si peu de temps.» Droits dans leurs bottes, jusqu’au bout.