Mondial de hand: Michaël Guigou raconte ses France-Croatie

HANDBALL L'ailier des Bleus revient sur les derniers affrontements entre les deux meilleures équipes du monde...

Propos recueillis par Julien Laloye

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Michaël Guigou en finale du mondial 2009 en Croatie.
Michaël Guigou en finale du mondial 2009 en Croatie. — N.Solic/REUTERS

De notre envoyé spécial à Saragosse (Espagne)

Michaël Guigou s’en cache à peine, il est ravi de retrouver l’épouvantail croate en quarts de finale des championnats du monde mercredi: «Ils ont commencé leur compétition très fort, comme d’habitude, mais les Croates sur les dernières années on les a battus lors de tous les matchs décisifs.» En 2006, 2008, 2009, 2010 et 2012, la France a en effet écarté la Croatie sur le chemin d’un sacre européen, mondial, ou olympique. Le Montpelliérain se souvient.

2006, demi-finale de l’Euro, victoire 29-23

«On avait battu la Croatie en Super Cup quelques mois avant l’Euro (33-26 en octore 2005, ndlr) alors qu’on avait perdu sèchement en demi-finales des championnats du monde en Tunisie l’année précédente (défaite 35-32). C’était la première fois qu’on arrivait à gagner contre eux avec la génération des Experts. Même si c’était en amical, ca a constitué une forme de déclic. Du coup on est arrivé sur cette demi-finale sereins, surtout qu’on n’était pas passés loin de l’élimination en poule après une grosse contre-performance contre l’Espagne. Thierry Omeyer avait dégoûté les Croates avec une vingtaine de parades, on a vite mené de six ou sept buts en seconde période. Ce match a été un tournant, il a confirmé qu’on était partis pour l’enchaînement de victoires qu’il y a eu derrière.»

2008, demi-finale des Jeux de Pékin, victoire 25-23

«En arrivant sur ce match, on ne se sentait pas au-dessus, loin de là, parce qu’il y avait des incertitudes dans le groupe. Jérôme Fernandez s’était blessé alors qu’a l’époque on jouait avec un droitier sur le poste d’arrière-droit et c’était lui le titulaire. Cédric Burdet, son remplaçant, faisait partie des joueurs qui étaient critiqués et il avait sorti un super match. Les Croates «galéraient» en attaque. Je me souviens d’une défense qui avait duré deux minutes, les Croates n’y arrivaient pas, ils essayaient, ils essayaient, mais soit on les arrêtait, soit ils se faisaient contrer, soit Titi arrêtait la balle soit ça partait en touche…C’est la première fois qu’on maîtrisait les événements à ce point-là face à cette équipe.»

2009, finale des championnats du monde, victoire 24-19

«Peut-être le plus grand match jamais réalisé par cette équipe de France. C’était France-Croatie, les deux meilleures équipes de la décennie qui se retrouvaient en finale, en Croatie, dans une ambiance énorme…Le match a été éprouvant, parce qu’on ne s’est détachés qu’à la fin, mais on a toujours maîtrisé. On s’était dit qu’il fallait tenir, qu’il fallait toujours renvoyer, jusqu’à ce qu’ils craquent. En première mi-temps, on est derrière, puis Daniel Narcisse rentre et marque quatre ou cinq tirs de malade en lucarne pour nous remettre dedans. Puis en début de seconde période, quand toutes les équipes explosaient pendant ce mondial contre la Croatie, on leur met un 3-0 et on ne lâche plus. C’était l’apothéose, la première fois qu’on enchaînait deux victoires consécutives dans une grande compétition après les JO.»

2012, demi-finale des Jeux de Londres, victoire 25-22

«A Londres, j’ai eu l’impression que le contexte psychologique a beaucoup pesé. On ne termine pas premier de notre poule et je pense que ça a un peu écœuré les Croates, qui avaient tout fait pour nous affronter le plus tard possible, de nous retrouver si tôt. Si on les avait joués en finale, cela aurait été plus compliqué de l’emporter. Mais on les prend en demies et on les fait exploser dés l’entame de match grâce à Thierry Omeyer (13 arrêts en première mi-temps, ndlr). Quand tu regardes le résumé du match, tu te dis qu’ils ne sont jamais très loin mais dès le premier quart d’heure on leur a montré que ce ne serait pas encore pour cette fois. On savait qu’ils ne reviendraient jamais dans le match. Ce jour-là, on a pris l’avantage sur le plan psychologique, même si les Croates diront qu’ils sont contents de nous jouer en Espagne.»