Marco Materazzi se paye Ibrahimovic et Zidane

FOOTBALL Deux pour le prix d'un...

B.V.

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Le défenseur italien marco Materazzi, en mars 2010.
Le défenseur italien marco Materazzi, en mars 2010. — T.HEVEZI/AP/SIPA

Quand Marco Materazzi donne des interviews, il ne le fait pas à moitié. Le bad boy du football italien, buteur en finale de la Coupe du monde 2006, a tiré sur tout ce qui bouge dans un (très) long entretien donné à France Football. Sa première cible? Zlatan Ibrahimovic, son coéquipier à l’Inter Milan entre 2006 et 2009. «Quand il est arrivé à l'Inter, notre relation était bonne, mais ensuite le rapport a changé, raconte Materazzi. Que ce soit un phénomène, un des cinq plus grands joueurs au monde, ça ne fait aucun doute. Mais on est vraiment grand quand on se met aussi à la disposition du groupe. Quand un coéquipier est en difficulté, on doit l’aider et non le massacrer. C’est son grand défaut. Une équipe, ce n’est pas seulement un joueur. C’est peut-être la raison pour laquelle il n’a jamais réussi à devenir Messi ou Ronaldo.»

Zidane a «perdu une occasion» de mettre fin à l’histoire du coup de boule

Décrit comme déstabilisant pour les jeunes joueurs fragiles, souvent insultant, Ibrahimovic aurait aussi un vrai problème de remise en question. «Il veut gagner et pour lui, les choses sont tellement faciles qu’il n’admet pas que les autres fassent des erreurs, poursuit l’ancien défenseur central. Ce n’est jamais de sa faute. En cela, je vois un point faible de son caractère. Tu deviens frustré au lieu de rester calme et de penser aussi aux erreurs que tu as commises. Tu attaques pour te défendre.»

Voilà pour Ibra. Place à Zidane. Interrogé sur sa photo de lui-même à côté de la sculpture «du coup de boule» au centre Georges-Pompidou, l’Italien se défend de toute forme de provocation. «Je ne vois cette sculpture ni comme un coup de tête, ni comme un geste violent, mais comme une œuvre d’art.» Puis contre-attaque. «Pour les gens, par rapport à cette histoire de coup de tête, je suis le méchant. Eh bien, si Zidane avait reconnu m’avoir serré la main en sachant que c’était moi [ndr: Zidane avait affirmé croire qu’il s’agissait d’un tifosi lorsque Materrazi lui a serré la main en 2010], tout le monde aurait dit: ‘Zidane est un seigneur parce qu’il a serré la main de cette merde…’ Il a perdu une occasion (de mettre fin à cette histoire).»