Dopage: Ce que Lance Armstrong n'a pas (encore) dit

DOPAGE Malgré ses aveux, l'Américain aurait pu aller un peu plus loin dans ses confessions...

R.S.

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Lance Armstrong a reconnu s'être dopé, dans une interview avec Oprah Winfrey diffusée le 17 janvier 2013.
Lance Armstrong a reconnu s'être dopé, dans une interview avec Oprah Winfrey diffusée le 17 janvier 2013. — G.BURNS/AP/SIPA

A mi-course, Lance Armstrong n’a peut-être pas vraiment produit son effort. Le Texan qui est passé pendant une 1h20 à confesse (pubs comprises…) sur le divan d’Oprah Winfrey s’est bien exprimé pour la première fois sur ses actes de dopage, mais son témoignage peut paraître incomplet. En esquivant certains sujets, notamment l’organisation du dopage au sein de l’US Postal, il a laissé certains de ses contempteurs sur leur faim. A moins qu’il n’en dise un peu plus dans la deuxième partie de l’entretien, vendredi soir.

Le rôle de son manager. Il y avait visiblement un mot tabou lors de cette première partie d’entretien. Ou plutôt un nom. Johan Bruyneel. L’homme qui a suivi Armstrong lors de ses sept victoires dans le Tour n’a pas été cité une fois. Une prouesse artistique de la part du Texan qui protège pour l’instant son ancien manager. Pourtant, LA a bien précisé qu’il n’était que le «leader» de l’équipe. «Pas le directeur sportif.» «Il n'y a jamais eu un ordre ou une directive pour dire: Tu dois prendre des produits si tu veux participer au Tour, si tu veux faire partie de l'équipe. Cela n'est jamais arrivé». Laurent Jalabert s’est notamment étonné du mutisme d’Armstrong au sujet de Bruyneel. «Finalement ce ne sont pas des aveux complets, ce sont des aveux qui le concernent. Nous ne connaissons pas les détails de ces rumeurs qu'on a entendues.» Pourtant à deux reprises, Oprah Winfrey l’a relancé sur le sujet. Pour une réponse assez partielle. «Il faudrait du temps (pour expliquer le dopage au sein de l’équipe). Je trouvais ça très simple. On avait des trucs qui stimulaient le transport d’oxygène (…) Mon cocktail, ce n’était que de l’EPO, mais pas beaucoup, des transfusions et de la testostérone.»

La responsabilité de ses médecins. Que sait-on au sujet du docteur Ferrari, sa relation avec Armstrong et d’autres cyclistes? A peu près rien, à mi-parcours. Encore une fois, LA ne s’est pas épanché, si ce n’est pour saluer «un homme bien, intelligent. Je continue à le penser aujourd’hui», ajoutant qu’il n’est «pas très à l’aise pour parler d’autres personnes.» Pas un mot non plus sur les agissements de ses anciens coéquipiers au sein de l’US Postal. «Je ne suis pas là pour parler d’autres coureurs de ma génération, tout est déjà connu. Je n’ai pas construit cette culture (du dopage) mais je n’ai pas essayé de la combattre. C’est là mon erreur (…) J’étais le taulier, je suis prêt à payer.» Pour l’heure, il assume toute la responsabilité de la triche organisée. Mais il pourrait en dire un peu plus à l’AMA et l’Usada, les autorités antidopage avec lesquelles il entend collaborer.

Sa mère, ses enfants, sa fondation au menu vendredi soir. C’est le teaser de la prochaine émission. On y voit le Texan évoquer sa mère, ses enfants et la fondation Livestrong. Trois thèmes qui devraient faire  basculer l’interview dans un registre un peu plus larmoyant. A priori, sans trucage ni dopage. Jusque-là, il a proposé le même regard glaçant et vide dans la vérité que dans le mensonge. S’est-il servi de sa fondation pour financer ses pratiques dopantes? Mentait-il à sa famille au quotidien? Quel crédibilité a-t-il désormais auprès des malades du cancer? Voilà les questions qu’Oprah Winfrey devrait aborder la nuit prochaine. Pour connaître les réponses, il faudra encore mettre son réveil à 3h du matin.

>> Quelles déclarations attendez-vous encore de la part de Lance Armstrong? Que doit-il lâcher ce soir? Si vous étiez Oprah Winfrey, quelle question lui poseriez-vous et quelle réponse attendriez-vous?

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