Dakar 2013: Copilote, patron, rival... Ce qu'ils pensent de Stéphane Peterhansel

RALLYE Le Français se dirige vers un 11e succès dans le rallye-raid...

Antoine Maes

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Le Français Stéphane Peterhansel, le leader du Dakar chez les autos, le 9 janvier 2013, à Arica (Chili).
Le Français Stéphane Peterhansel, le leader du Dakar chez les autos, le 9 janvier 2013, à Arica (Chili). — F.FIFE/AFP

De notre envoyé spécial à Copiapo (Chili), 

Quand il descend de sa voiture à la fin de chaque étape et qu’il s’attable devant son assiette, Stéphane Peterhansel peut parler des heures. De la possibilité de le voir conduire un camion l’an prochain. Comme des courses de jet-ski disputées il y a vingt ans. Le Français devrait l’emporter pour la 11efois vendredi soir, s’il ne fait pas de bêtise et que sa Mini tient le choc. Trois témoins de la fantastique carrière de «Peter» témoignent.

Jean-Paul Cottret, son copilote: «S’il a des défauts, je ne dois pas les voir»

«C’est la 14e année qu’on roule ensemble, ce n’est pas le fruit du hasard. On se connaît par cœur, dans les moments où ça va un peu plus mal et ceux où ça va mieux. Il arrive à maîtriser la piste, le hors-piste, le terrain… Il gère le véhicule et ses capacités par rapport aux adversaires. On s’améliore toujours, l’expérience continue de s’acquérir, et plus on en a, et mieux c’est. S’il peut continuer longtemps? Je ne peux pas vous répondre. Déjà il faut avoir l’envie, le punch, la motivation. Tant que le plaisir est là, ça aide beaucoup. Dès qu’il y a une petite alerte, il ne panique pas. Je ne sais pas s’il a encore des défauts. Parce que s’il en a, je ne dois pas les voir.»

Sven Quandt, son patron: «Il est dur en négociation, mais il est juste, donc ça va»

«Stéphane, c’est Stéphane… Il est super relax, très malin. Il est resté une personne normale, ce n’est pas une grande star, contrairement à ce que tout le monde pense. Beaucoup de gens le reconnaissent, et il aime ça. Il sait ce qu’il à faire. Que la faire la course, c’est d’abord la finir, si on veut des bons résultats. Il n’a pas besoin d’être à l’attaque tout le temps, et je n’ai d’ailleurs pas besoin de lui dire. On discute un peu de stratégie, mais c’est facile. C’est très facile d’être son patron. J’aimerais en avoir plus des comme lui. Il est dur en négociation, mais il est juste, donc ça va.»

Robby Gordon, son rival: «Si on avait tous les deux la même voiture, je le battrais tous les jours»

«Cette année, on était probablement les seuls à pouvoir aller aussi vite que lui. Mais il ne fait jamais d’erreurs, et le rallye c’est ça, ne pas en faire, alors que moi j’en fais. C’est un pro du Dakar. Ca m’a pris sept ans pour comprendre, et je n’y suis pas encore totalement arrivé, même si on se rapproche, et qu’il le sait. Je ne lui serre pas la main tous les jours. Si je l’apprécie? Je n’apprécie pas certains de ses commentaires, mais je pense qu’il n’apprécie pas non plus les miens… Ce que je sais, c’est que si on avait tous les deux la même voiture, je le battrais tous les jours, et il le sait.»