Mondial de hand: Motus et bouche cousue sur l’affaire des paris

HANDBALL Les Bleus font comme si de rien n'était...

Julien Laloye

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Le Français Nikola Karabatic face au Monténégro, le 13 janvier 2013 à Granollers.
Le Français Nikola Karabatic face au Monténégro, le 13 janvier 2013 à Granollers. — M.Fernandez/AP

De notre envoyé spécial à Granollers (Espagne)

Personne ne souhaitait s’y coller, alors on a fini par se lancer, juste avant que Claude Onesta ne termine son débriefe sur la victoire souffreteuse des Bleus face au Brésil la veille au soir. Comment le groupe avait-il pris la convocation de Nikola Karabatic devant un juge d’instruction pour l’affaire des paris truqués…deux jours après la finale des championnats du monde? La réponse a été sèche et sans détours: «Vous voulez des rebondissements, mais que je sache c’était une décision attendue non? Nous on n’en parle pas, on n’est pas branché sur ces ondes-là. Ca n’intéresse que vous.»

«Nikola est le joueur le plus régulier depuis le début du Mondial»

Circulez, y a rien à voir. Ah, si, petite précision quand même du sélectionneur avant de partir: «Quand on voit la qualité de ce que produit Nikola Karabatic depuis le début du mondial…C’est certainement le plus régulier parmi les cadres, celui qui a fourni le plus de qualité en match et à l’entraînement, donc je ne crois pas que ça le perturbe. Vous n’avez qu’à le lui demander, si tant est qu’il souhaite vous répondre.»

Evidemment, le Montpelliérain a refusé, même si on ne peut pas lui reprocher de se cacher plus que les autres en zone mixte. Tout juste refuse-t-il les demandes d’entretiens individuels de certains médias qu’il a dans le collimateur. Sur le terrain, il est vrai aussi que Karabatic fait le boulot: en pleine forme physique, il ne force pas trop au tir, implique ses coéquipiers, s’investit en défense…Samuel Honrubia, l’autre international du groupe mis en examen, réalise également un très bon début de mondial.

«Cette affaire regarde Montpellier»

Doit-on en conclure que l’affaire ne laisse aucune trace dans la vie de groupe? Avant le début de la compétition, Didier Dinart, dinosaure du vestiaire tricolore, avait implicitement pardonné les deux hommes au nom du groupe dans le JDD: «Entre nous, la solidarité prime. Rien ne pourra gâcher notre histoire commune.» Sur place, tout le monde évite le sujet, où s’en offusque quand la question revient sur le tapis. Y compris Michaël Guigou, qui avait publiquement reproché à Karabatic de ne pas avoir fait son mea culpa dans le vestiaire montpelliérain. En équipe de France, la mise au point a bien eu lieu, en novembre dernier en Turquie. «Le reste, ça regarde Montpellier», soutient Jérôme Fernandez. On a le droit de le croire. Ou pas.