Affaire Armstrong: Quelles victimes collatérales en cas d'aveux?

FOOTBALL L'UCI risque gros si le Texan dénonce sa complicité dans les faits de dopage...

Romain Scotto

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Le coureur américain Lance Armstrong alors sous les couleurs d'Astana, au côté du manager général Johan Bruyneel, le 17 janvier 2009 à Adelaïde, en Australie.
Le coureur américain Lance Armstrong alors sous les couleurs d'Astana, au côté du manager général Johan Bruyneel, le 17 janvier 2009 à Adelaïde, en Australie. — B.Malone/REUTERS

A la retraite depuis sa médaille d’or olympique, Alexandre Vinokourov pourrait attendre un peu plus de quatre ans avant de connaître le nom de son successeur. A ce jour rien n’est fait, mais la menace d’un retrait du cyclisme du programme des JO est désormais brandie par les membres du CIO. En cause, les responsabilités de l’UCI dans l’affaire Armstrong. Selon Dick Pound, une commission d'enquête a été chargée de faire la lumière sur des allégations contenues dans le rapport de l'Agence américaine antidopage.

Le CIO fait référence à un contrôle positif de l’Américain que l’union cycliste internationale aurait couvert en 2001. Si dans ses aveux, diffusés dans la nuit de jeudi à vendredi, Armstrong mouille Hein Verbruggen, l’ancien boss du cycliste mondial et son successeur, Pat McQuaid, la menace du CIO ne doit pas être prise à la légère. Pour Eric Boyer, ex-directeur sportif de Cofidis, «c’est une façon de taper du poing sur la table. Le message est clair, les dirigeants de l’UCI n’ont pas été à la hauteur pour lutter contre le dopage.» Le choix de soutenir et accompagner Armstrong coute que coute peut aussi leur être reproché. «Pour cette raison, ils se sont trompés et n’ont plus aucune légitimité à diriger l’UCI.»

Bruyneel, Gorski, Ochowicz et les autres…

Autres victimes collatéralles des aveux d’Armstrong, les ex-patrons de l’US Postal dont Johan Bruyneel. Depuis la chute du Texan, le Belge reste muet, même serait plongé dans l'écriture d'un livre actuellement. Pour quelle raison? «Ces gens là se sentent investis d’une mission de chef mafieux, estime Boyer. Ils ont besoin d‘écraser leur voisin, de diriger. Et dès que les choses se fragilisent, le stratégie de communication est de se cacher.» Dans le lot, le nom de l’ex-manager général, Marc Gorski, pourrait également ressortir. C’est lui qui avait créé l’US Postal en 1999 et engagé Armstrong pour gagner son premier Tour.

L’ex-président de la fédération américaine de cyclisme Jim Ochowicz apparaît aussi en première ligne. Très proche d’Armstrong pendant son règne, celui qui est aujourd’hui le conseiller du sponsor BMC, ne s’est pas non plus exprimé. «Tout cet entourage d’Armstrong va devoir rendre des comptes à l’US Postal, si l’entreprise (d’Etat) présente la facture», enchaîne Boyer qui cite également les médecins Ferrari et Del Moral. Mais pas d’équipiers. Selon les fuites de l’interview, le coureur texan n’aurait mouillé aucun membre de sa garde rapprochée. Peut-être par respect. Mais aussi parce que la plupart ont déjà tout avoué sur le sujet.