Dopage: Lance Armstrong aurait-il intérêt à parler?

CYCLISME L'ex-cycliste américain pourrait passer aux aveux dans l'émission d'Oprah Winfrey...

R.S.

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Lance Armstrong, le 21 octobre 2012, à Austin, lors d'un évènement de sa fondation contre le cancer, Livestrong.
Lance Armstrong, le 21 octobre 2012, à Austin, lors d'un évènement de sa fondation contre le cancer, Livestrong. — Tom Pennington / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Quatre mois après la perte de ses sept Tours de France et sa radiation à vie de toute compétition, l’Américain a donc décidé de parler. Le rendez-vous est pris pour le 17 janvier, dans l’émission d’Oprah Winfrey et dans un esprit «sans concession», indique la chaîne américaine. Selon le New York Times, l’Américain déchu pourrait se livrer à des aveux, après plus d’une décennie de déni permanent face aux accusations. Dans quel but? Plusieurs hypothèses peuvent être avancées.

Pour refaire du sport en compétition. Suspendu de toute compétition depuis sa radiation à vie par les autorités antidopage, l’Américain ne supporterait pas cette situation. Engagé sur plusieurs Ironman depuis son départ des pelotons, il s’entraînait dans la région niçoise quand la sanction est tombée. S’il collabore avec l’Usada, l’ancien champion de triathlon pourrait bénéficier d’une réduction de peine et retrouver une licence pour participer de nouveau à des compétitions. Voilà peut-être pourquoi il aurait déjà discuté avec Travis Tygart, le président de l’agence américaine et David Howman, le président de l’AMA.

Pour sauver sa fondation. Selon les médias américains, c’est le départ de certains actionnaires de sa fondation et la perte de ses recettes qui pousseraient l’Américain à s’exprimer. Livestrong, l’association de soutien à la lutte contre le cancer, aurait perdu beaucoup d’argent depuis le début de l’affaire. Mais aussi sa crédibilité. Pour la réhabiliter, de riches contributeurs auraient donc demandé au Texan de parler.

Pour clarifier certaines accusations. Dans son rapport, l’Usada avait évoqué le «système de dopage le plus sophistiqué de l’histoire» pour décrire le fonctionnement interne de l’équipe US Postal. Tous les éléments à charge émanent d’anciens coéquipiers qui l’accusent d’être le  cerveau du réseau. A ce sujet, Armstrong pourrait clarifier certains éléments et donner enfin sa version des faits.

Pour ne rien dire. Après tout, rien n’oblige l’Américain à revenir sur ses déclarations. Armstrong pourrait très bien profiter de cette nouvelle tribune pour se défendre une fois de plus. D’autant qu’un virage à 180 degrés l’expose à de lourdes sanctions devant la justice américaine. Devant les juges, il a déclaré sous serment ne jamais avoir eu recours au dopage. Comme Marion Jones, incarcérée six mois, le parjure dont il pourrait être convaincu l’exposerait à une peine maximale de 30 ans de prison.