A Nantes l’agitation, à Lille l’union

©2006 20 minutes

— 

Lille, un exemple à suivre. Depuis cinq ans, les Dogues et les Canaris ont eu des trajectoires diamétralement opposées. Lille s'est classé quatre fois dans les cinq premiers de L1, lors des six dernières saisons. Les Nordistes ont également joué deux fois la Ligue des champions et y participent encore cette saison.

Les dirigeants nantais ne peuvent, de leur côté, se targuer de telles statistiques. Depuis le titre de champion en 2000-2001, les Canaris n'ont, en effet, jamais réussi à s'immiscer dans le top cinq. Malgré un budget fondé sur une place au milieu du tableau [36 millions, soit 6 de moins que le FC Nantes], le Losc s'affirme au fil des ans comme une place forte du foot français. A l'inverse, les Nantais érodent leur image. Début d'explications.

n L'instabilité nantaise. En cinq ans, le club a licencié trois entraîneurs (Raynald Denoueix, Angel Marcos et Loïc Amisse) et pourrait en licencier un autre d'ici à un mois (Serge Le Dizet). A Lille, c'est tout l'inverse. Le coach Claude Puel a pris l'équipe en charge en 2002 et ne l'a plus quittée. « Ce qui fait la force du Losc, c'est la stabilité, explique d'emblée Antoine Placer, journaliste à la Voix du Nord. Le tandem composé de Claude Puel et du président Michel Seydoux fonctionne à merveille. Et même quand ça va mal, ils sont solidaires ! »

n Un coach nantais étouffé par la présidence. A Nantes, Serge Le Dizet n'a pas les coudées franches. Le président Rudi Roussillon est très interventionniste et s'immisce sans retenue dans le sportif. Ses présences fréquentes autour du terrain d'entraînement et ses prises de position sur certains joueurs l'attestent. A l'inverse, à Lille, « rien n'échappe à Puel », selon Antoine Placer. C'est en quelque sorte le manager général du club. « Le président Seydoux connaît le foot mais jamais il ne donnera son avis sur un joueur », conclut le journaliste.

David Phelippeau