Ophélie Etienne : «Me rapprocher de Laure Manaudou»

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Ophélie Etienne

16 ans, nageuse de l'Aquatic Club Molsheim-Mutzig.

Triple championne du monde junior (200 m nage libre, relais 4x200 m et 4x100 m nage libre).

Trois titres mondiaux, deux médailles d'argent – planétaire (200 m dos) et continentale (100 m nage libre) – et deux autres de bronze aux Europe (200 m nage libre, relais 4x100 m quatre nages) : vous avez tout écrasé sur votre passage cet été à Rio (Brésil) et Majorque (Espagne)...

Je ne m'attendais pas à remporter autant de médailles ! Vu les temps que j'avais effectués aux championnats de France à Tours en mai, je savais que je ne serais pas trop loin des podiums aux Europe à Majorque. Mais en même temps, ça me paraissait très loin. Quant à Rio, ça a été la surprise totale. C'était les premiers mondiaux juniors de l'histoire. On ne savait pas du tout quel était le niveau de la concurrence.

Peut-on dire que c'est l'année de la révélation pour vous ?

Oui, c'est vrai. Et ce n'est pas pour me déplaire. Quand on passe autant de temps [5 h d'entraînement par jour] à faire ce qu'on aime, c'est pour aller de l'avant et gagner des médailles. Ça a été une année chargée, avec de nombreuses grosses échéances. Cela m'a permis de me comparer aux autres nageuses internationales. J'en retiens qu'il y a encore beaucoup de travail. C'était ma dernière saison chez les jeunes. Après ces excellents résultats, il va falloir vite se remotiver si je veux franchir le cap des juniors aux seniors. Il ne faut pas s'endormir sur ses lauriers, car il y a encore beaucoup de filles devant moi.

Les JO 2008 à Pékin, vous y pensez ?

Oui, d'autant que l'année prochaine, il n'y aura pas de grosse compétition hormis les championnats de France. Ce sera une année de travail, pour préparer les Jeux olympiques. J'espère pouvoir y participer. Ce serait une expérience exceptionnelle. Mais je serais encore un peu jeune pour une médaille. Ça ne deviendra un objectif qu'après Pékin.

La star de la natation française, Laure Manaudou, est-elle votre idole ?

J'admire toutes les meilleures mondiales. C'est sûr que, comme Laure est française, elle nous montre le chemin. Et puis elle a permis de médiatiser notre sport. Mon objectif, c'est de me rapprocher d'elle.

Pourquoi avez-vous choisi, début 2005, de partir au Pôle France de Font-Romeu dans les Pyrénées ?

C'est l'un des meilleurs centres sportifs nationaux, avec des structures qui n'ont rien à voir avec celles de Molsheim. Le lycée [elle rentre en 1re ES] et la piscine sont au même endroit. C'est un sport-études qui me permet de m'entraîner deux fois par jour. On peut s'y concentrer à fond sur le travail dans l'eau. C'est un sacrifice de quitter définitivement sa famille, mais je ne le regrette pas. Aujourd'hui, je savoure la récompense avec toutes ces médailles.

Recueilli par Jérôme Sillon