« Il faut défendre “a la muerte” »

propos Recueillispar Julien Ropert

— 

Malgré le barrage de la langue, l'international vénézuélien est devenu l'incontestable patron de la défense nantaise.
Malgré le barrage de la langue, l'international vénézuélien est devenu l'incontestable patron de la défense nantaise. — F. Elsner / 20 minutes

L'arrière central vénézuélien, leader discret, commande la meilleure arrière-garde de Ligue 2. Rencontre avec un vrai gagneur.

abriel, cette année, le FC Nantes dégage une grande solidité…
Le coach aime beaucoup travailler l'aspect défensif. Que ce soient les défenseurs ou les attaquants, dès la perte du ballon, nous nous réorganisons très vite. Nous avons aussi de très bons joueurs. Papy [Djilobodji] est extraordinaire. Pour moi, c'est le meilleur défenseur de L2, et il n'a rien à envier à n'importe quel joueur de Ligue 1. Il a un grand avenir.
Il est meilleur que vous ?
Non, c'est le meilleur de L2… après moi (rires). Papy et moi avons une très bonne relation. On passe beaucoup de temps ensemble, sur et en dehors du terrain.
Sur le terrain, vous ne lâchez rien…
Il faut défendre « a la muerte », comme si chaque ballon était le dernier. Quand tu défends comme ça, tu crées une ambiance, ça oblige Papy, Rémy [Riou], Olive [Olivier Veigneau]… à jouer ainsi. L'agressivité, ça montre que tu veux gagner.
Le fait d'avoir un ancien défenseur comme entraîneur est important ?
Oui, c'est essentiel. Il est très pointu sur les vidéos, il nous montre nos erreurs, nous explique les profils de nos adversaires, on sait anticiper sur leur bon pied. Michel m'aide beaucoup, me conseille. Et pour les attaquants, il y a Bruno [Baronchelli]. Il y a un équilibre dans le staff.
C'est difficile de communiquer

avec vos partenaires ?
Le langage du foot est partout le même. Les gestes, les cris… Je me débrouille. L'important, c'est de parler. Français, anglais, espagnol, Italien… Peu importe. Mais parler est essentiel pour avoir une défense solide et compacte.
Vous progressez en français ?
La prononciation est difficile, et j'ai un peu honte de parler parce que je ne suis pas bon. Mais je comprends tout. Filip [Djorjdevic] me dit qu'il lui a fallu quatre ans pour parler français. Je ne suis là que depuis six mois, il me reste un peu de temps… Et je suis très concentré sur le jeu, sur le fait de monter. C'est mon objectif principal. Parfois, je parle avec le président. Il me dit « Gabriel, le français ! » En rigolant, je lui dis : « C'est soit le français, soit la montée. » Il me répond toujours la montée.