Raphaëlle Tervel: «Nous ne sommes pas le grand favori de l'Euro»

HANDBALL La capitaine des Bleues attaque la compétition mardi...

Propos recueillis par Floréal Hernandez

— 

La handballeuse française Raphaëlle Tervel, en août 2012, lors des JO de Londres.
La handballeuse française Raphaëlle Tervel, en août 2012, lors des JO de Londres. — JAVIER SORIANO / AFP

La déception des Jeux olympiques (quart de finale perdu 23-22 contre la Macédoine sur un jet de sept mètres à la dernière seconde) tout juste évacuée, les Françaises remettent le bleu de chauffe avec l’Euro en Serbie et un premier match contre la Macédoine, mardi. Une compétition que Raphaëlle Tervel et ses coéquipières abordent avec l’étiquette de favorites après avoir fait chuter les trois nations scandinaves (Suède, Danemark et Norvège) lors de leurs matchs de préparation. L’ailière gauche du club hongrois de Györ s’offre une dernière pige en Bleu pour boucler son histoire en équipe de France sur autre chose qu’une défaite amère.

Pour certains, la France est favorite de cet Euro. Partagez-vous ce sentiment?

On fait partie des favoris, oui, mais nous ne sommes pas le grand favori de l’Euro. Il y a beaucoup d’équipes qui peuvent monter sur la plus haute marche. Notre équipe a peu changé depuis les Jeux olympiques. On espère qu’on aura appris de notre défaite face à la Macédoine. On a un groupe jeune mais on travaille ensemble depuis quatre ans, où l’on retrouve des joueuses d’expérience. On a beaucoup de moyens physiques et un point fort qui est nos défenses, car nous sommes capables d’en proposer trois ou quatre. Tout ça fait que l’on peut faire quelque chose de bien en Serbie.

Pas de risque que vous soyez grisées par vos victoires lors des derniers matchs amicaux (Danemark, Suède, Norvège)?

Non, on reste les pieds sur terre. Notre jeu est encore fragile. Nos victoires ont été acquises en connaissant des soucis, notamment lors de nos premières périodes. On relativise aussi car nos adversaires n’ont pas joué avec tous leurs moyens en prévision de l’Euro où l’on se retrouve. Le Danemark a caché quatre de ses joueuses et fait tourner son effectif. On s’attend à un autre combat à l’Euro.

Qui redoutez-vous pour le titre?

Mon grand favori est l’Espagne. C’est une équipe très forte, qui a peu changé après les Jeux et qui récupère deux atouts offensifs avec la naturalisation de l’arrière-gauche portugaise Alexandrina Barbosa et le retour de blessure de Nerea Pena. En plus, c’est une équipe qui a une défense atypique. Il y a également la Norvège ou le Danemark. On peut citer aussi la Hongrie qui est sur le retour.

Qu’est-ce qui pourrait vous faire trébucher?

Dès que nous ne sommes pas appliquées, nous avons du mal. Quand on respecte le projet de jeu, on fait de bons matchs. Mais si on joue chacune dans notre coin, ça va être difficile. Après notre atout sera et a toujours été notre défense. Alors si on n’est pas performantes en défense, ça va être difficile.

Pourquoi les résultats des Bleues sont moins bons à l’Euro (5e place en 2010) qu’aux Mondiaux (finaliste en 2009 et 2011)?

L’Euro est la compétition la plus difficile. Il n’y a pas de petites équipes, pas de match facile où l’on est sûr de gagner. On ne peut donc pas faire tourner l’effectif. Ce sont huit matchs de très haut niveau. Il n’y a pas le droit à l’erreur. Pour atteindre les demi-finales, il est possible de perdre l’un des six premiers matchs mais pas deux. Les faux pas sont donc interdits. On s’est préparées pour, j’espère que ça marchera.

Les Jeux devaient être votre dernière compétition internationale. Pourquoi être revenue sur votre décision?

J’ai replongé car physiquement, ça va bien. J’avais dit à Olivier [Krumbholz], quand il m’a appelé, que si ça allait, j’irai en Serbie. D’autant que nous avons fait une courte préparation, seulement dix jours avant le premier match. Et puis, je n’ai jamais fait de gros résultat avec les Bleues à l’Euro hormis deux médailles de bronze [2002 et 2006]. Disputer une finale me titille. Enfin, je n’avais pas envie de rester sur ce dernier match aux JO, que ma dernière image en Bleu soit cette défaite. Je me laisse une dernière chance.