« Jouer collectif, c'est nantais non ? »

propos recueillis par david phelippeau

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« Ce projet implique l'acceptation des uns par les autres »
« Ce projet implique l'acceptation des uns par les autres » — F. Elsner / 20minutes

Il regrette « d'être écouté mais pas entendu ». Henrich Body, le président de l'association Nantes Métropole Omnisport, profite du débat autour des sports de haut niveau à Nantes, relancé la semaine dernière par les déclarations du coach du « H » Thierry Anti, pour ressortir du bois. L'association doit adresser un courrier aux pouvoirs publics et aux clubs nantais. « Plus on avance, plus on voit l'actualité, plus on se dit qu'on a raison, explique ce Nantais. Nous, ce n'est pas le Barça et la pensée unique, mais c'est au contraire la diversité qu'on veut réunir pour un métissage. Jouer collectif, c'est nantais non ? » Ce passionné de sports, entouré de juristes, d'urbanistes ou de comptables, a toutefois bien conscience que son projet de mutualisation des moyens des clubs d'élite nantais passe « par un changement de mentalités et une acceptation des uns par les autres ». Une nécessité loin d'être acquise, au regard des conflits entre certains présidents de clubs, qui rend le projet très utopique pour l'heure…

« Sortir du modèle de subventions des pouvoirs publics. » L'association fait un constat d'obsolescence du modèle économique du sport pro. En Allemagne, les subventions ne représentent que 5 % du budget des clubs de hand évoluant en Toyota League, contre 50 % en France. « Il faut sortir de cette dépendance aux subventions, insiste Body. Les pouvoirs publics doivent accompagner les clubs en leur donnant des outils. » L'association propose de transférer les compétences en matière de sport de haut niveau des municipalités vers Nantes Métropole (communauté urbaine). Ceci permettrait la création d'un groupement d'intérêt économique pour rationaliser les coûts de fonctionnement par une mutualisation des moyens (création d'une centrale d'achat coopérative, mutualisation des coûts de fonctionnement…).
« Une Arena au cœur de la métropole. » Sur ce point, certains présidents sont plutôt d'accord. Au lieu de mettre des rustines à Beaulieu (30 millions d'euros) et de construire une salle de taille très moyenne (pour certains) à la Trocardière (30 millions d'euros), l'association voit grand : une Arena (jusqu'à 10 000 places), située au cœur de la métropole, capable d'accueillir l'ensemble des clubs nantais de sport en salle grâce à la modularité de la jauge. Body imagine un lieu de vie permanent regroupant grandes enseignes, boutiques, bars… « Un peu le centre commercial Beaulieu, sauf qu'à la place du supermarché Carrefour, vous avez une grande salle de sports », illustre Henrich Body. Aucune Arena de ce type n'existe en France. Le coût sera dévoilé par l'association en 2013.