« au départ, on m'a pris pour un original »

propos recueillis par antoine maes

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Loïc Féry, ici dans ses bureaux à Londres, a changé le modèle économique de son club.
Loïc Féry, ici dans ses bureaux à Londres, a changé le modèle économique de son club. — J. MARS / JDD / SIPA

Au début, il trouve que la comparaison n'est pas « relevant » [pertinente]. Mais Loïc Féry, président du FC Lorient et actionnaire majoritaire de Chenavari, une société de gestion à Londres, a fini par se « prendre au jeu ». Et comparer le milieu de la City à celui de la Ligue 1, loin des clichés des jeunes « pros qui débutent et des traders fous », comme l'explique ce natif de Nancy.

Si les sommes ne sont pas les mêmes, vous avez calqué les salaires de vos joueurs sur le modèle de rémunération variable

de vos traders. Pourquoi ?
Dans la finance, il peut y avoir des rémunérations qui sont importantes, mais l'essentiel, c'est que ces rémunérations ne soient possibles que lorsque l'entreprise fonctionne très bien. Ce qui me choquait dans le foot, c'est que les rémunérations pouvaient être très importantes même si le club terminait 20e. J'ai essayé de changer ça. Au départ, on m'a pris pour un original dans le foot. On est peut-être un peu original, mais c'est un modèle économique qui nous paraît équilibré et qui garantit la pérennité du club.
érez-vous les conflits humains de la même

façon chez les Merlus

qu'à Londres ?
C'est un peu pareil. A Lorient, les conflits au quotidien sont gérés par le DG. Cela m'arrive aussi d'intervenir. Un soir, Kevin Gameiro et Morgan Amalfitano se chamaillaient sur le terrain et devant les caméras. Je les ai repris, de la même manière que j'aurais repris quelqu'un à Londres.
Vous parlez de votre club comme d'une entreprise. Mais comment gérez-vous l'aléa sportif ?
C'est dur. Le moment du match, par exemple, n'est jamais facile, parce que ce ne sont pas des choses qu'on maîtrise. C'est aussi ce qui fait la magie de ce secteur. Vous pouvez avoir le 15e budget de L1 et vivre des émotions extraordinaires : regardez ce qu'a fait Montpellier. Cela prouve que c'est possible. C'est cela qui m'intéresse dans le sport.