Le haut niveau à saturation ?

David Phelippeau

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A Nantes, le paysage sportif a été bouleversé ces dernières années. Pendant des décennies, il n'y a eu que le FCN dans l'élite. Désormais, ils sont quatre (Nantes Rezé Métropole et Nantes volley féminin, Handball club de Nantes et Nantes Rezé basket). « On est très contents de voir ça, se réjouit Marie-Françoise Clergeau, adjointe aux sports à la mairie de Nantes. Notre objectif de quatre clubs dans l'élite, fixé en 2004, a été atteint. » Il pourrait même être dépassé avec les accessions possibles du Nantes Loire atlantique handball (féminin) et du FC Nantes (considéré à part compte tenu de son statut et de son budget).

La ville calme le jeu
Cet afflux de clubs charrie son lot d'interrogations – les infrastructures actuelles et prévues seront-elles suffisantes ? – et provoque même quelques tensions. Thierry Anti, l'entraîneur du HBC Nantes, mercredi dernier : « Il n'y a pas de place pour tous les sports [de haut niveau] à Nantes. Les politiques doivent en prendre conscience. A un moment donné, il faut faire des choix. » Pour beaucoup de dirigeants de clubs de l'agglomération, la remarque n'a pas vraiment surpris mais davantage choqué (lire réactions ci-dessous). Clergeau, en bonne politicienne, éteint l'incendie : « Aujourd'hui, tout va bien. On a la volonté de continuer à soutenir tous les sports. Après, c'est vrai, on ne pourra pas soutenir à l'infini. Mais si certains clubs montent dans les mois à venir, on n'enlèvera rien aux autres. On ne déshabillera pas Pierre pour habiller Paul. Rien ne se fera au détriment d'un autre club… » Un « saupoudrage » financier qui se fera peut-être, en revanche, au détriment des résultats, rétorqueront certains ambitieux…