Rugby/Racing Métro: Comment se prépare un changement d'entraîneur

RUGBY Encore dirigés par Gonzalo Quesada, les Racingmen seront entraînés par le duo castrais Travers-Labit la saison prochaine. Des rugbymen du Top 14 qui ont connu une situation similaire témoignent...

Romain Baheux

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Les Racingmen, ici contre Mont-de-Marsan le 10 novembre 2012, sont actuellement entraînés par Gonzalo Quesada.
Les Racingmen, ici contre Mont-de-Marsan le 10 novembre 2012, sont actuellement entraînés par Gonzalo Quesada. — BERTRAND LANGLOIS / AFP

Entretiens individuels avec les joueurs, préparation du recrutement de la saison prochaine, visites au centre d’entraînement du Plessis-Robinson… Les matchs retours du Top 14 n’ont même pas encore débuté que le duo Laurent Travers-Laurent Labit est déjà comme chez lui au Racing Métro. Actuels entraîneurs de Castres, les deux hommes remplaceront Gonzalo Quesada au poste de manager la saison prochaine, même si la nouvelle ne peut pas encore être officialisée par le club francilien. Si la venue des deux hommes n’a pas encore été rendue publique et que les joueurs ne peuvent donc pas la commenter, la délicate situation fait des dégâts chez les Racingmen, qui restent sur une série de cinq défaites de rang. «Je garde un mauvais souvenir de ce genre de période, raconte Jean Monribot, le troisième ligne d’Agen, dont le duo d’entraîneurs Christian Lanta-Christophe Deylaud avait appris sa non-reconduction dès le mois de décembre. On était sur une phase ascendante et ça a amené de la tension dans le groupe.»

«Ça peut convaincre certains de rester plus longtemps»

Difficile de ne pas cogiter quand on sait en plein milieu d’une saison qu’il y aura bientôt une nouvelle tête sur le banc de touche. «Si on est titulaire, on se dit qu’on va peut-être perdre sa place. Ceux qui arrivaient en fin de contrat se posaient encore plus de questions, ils se demandaient ce qui allait se passer, explique Matthew Clarkin, le capitaine de Bordeaux-Bègles, qui a appris en cours d’exercice l’arrivée prochaine de Raphaël Ibanez. On se demandait combien de joueurs allaient venir avec lui. Forcément, on se renseigne un peu sur lui.» «C’est sûr que ça discute dans ces cas-là», poursuit Monribot.

La plupart ne s’impliquent pas aussi visiblement dans la gestion de leur prochain club. A Perpignan, Marc Delpoux travaillait déjà sur le recrutement des Catalans alors qu’il était encore entraîneur de Bordeaux-Bègles. Mais sans atteindre les sommets du futur duo francilien. «On n’avait aucun contact avec lui mais on savait qu’il travaillait sur le recrutement de la saison à venir avec les dirigeants, raconte le Perpignanais Bertrand Guiry. Des joueurs en fin de contrat ont d’ailleurs été fixés trop tard sur leur avenir.»

La venue de Travers-Labit pourrait toutefois avoir des vertus positives pour certains indécis. Connaître ses futurs techniciens très rapidement permet aux cadres de prendre plus rapidement la décision de rester ou non. D’autant que l’avenir de Quesada était en pointillés depuis sa nomination à ce poste en remplacement de Pierre Berbizier. «La situation est différente de la nôtre, le staff actuel du Racing était un staff intérimaire, explique Jean Monribot. La nomination d’un staff fixe peut convaincre certains de rester plus longtemps.» Voire de ne pas laisser tomber Gonzalo Quesada.