Ligue 1: Qui voudrait de Raymond Domenech comme entraîneur?

FOOTBALL La personnalité de l'ancien sélectionneur continue à faire débat chez les présidents de club qui pourraient être tentés de l'embaucher...

Julien Laloye et Romain Baheux

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L'ancien sélectionneur de l'équipe de France, Raymond Domenech, lors d'un entraînement des moins de 11 ans de l'Austria Vienne, le 15 janvier 2011.
L'ancien sélectionneur de l'équipe de France, Raymond Domenech, lors d'un entraînement des moins de 11 ans de l'Austria Vienne, le 15 janvier 2011. — R.Van BAkel/AFP

Les années passent doucement, la (mauvaise) réputation reste. Deux ans après Knysna et la Coupe du monde 2010, Raymond Domenech, qui règle ses comptes dans «Tout seul», sa biographie à paraître mardi chez Flammarion, continue de crisper le football français. Tout vice-champion du monde qu’il a été, Raymond Domenech devrait attendre un peu avant d’envoyer son CV aux présidents de l’Hexagone. Quand on leur demande s’ils embaucheraient l’ancien sélectionneur de l’équipe de France pour entraîner leur club si l’occasion se présentait, la plupart déclinent à peine poliment l’idée, comme Jean-Louis Triaud ou Jean-Michel Aulas, pourtant pas les plus farouches ennemis du bonhomme. Jean-Pierre Louvel, le patron de l’UCPF et président du Havre, résume leur avis sur la question: «Domenech vit sa carrière, comme il l’entend, je comprends qu’il puisse avoir envie de revenir dans le jeu (par rapport à la sortie de son livre, ndlr), mais je n’ai pas envie d’en parler pour créer une polémique inutile… »

«Je préfère avoir le meilleur»

Bernard Caïazzo, qui n’a pas oublié le passé lyonnais de Domenech -«Le maillot vert me donne des boutons» avait un jour confié ce dernier- ne veut même pas en entendre parler: «Je ne suis pas en position de donner des conseils à mes homologues, mais il ne mettra jamais les pieds à Saint-Etienne, ça je vous l’assure.» Le co-président de l’ASSE en profite pour tacler Domenech sur son manque de références à la tête d’un club pro: «Je préfère les entraîneurs qui ont prouvé quelque chose en L1 avant de prendre les rênes d’une sélection… Je n’ai pas de critiques à apporter sur sa personnalité, mais je préfère avoir le meilleur». Heureusement pour Domenech, il ne rebute pas encore tout le milieu. Surtout à l’étage inférieur, où Claude Michy, le président du Clermont foot, garde un bon souvenir de sa rencontre avec «un homme avenant» lors d’une soirée organisée avec les partenaires du club. «J’avais été livré une peau de vache d’Auvergne chez lui ça s’était très bien passé. Il est peut-être trop second degré avec la presse mais c’est quelqu’un d’agréable et qui connait bien le football.» 

«On lui a mis l’étiquette de bête noir, mais c’est facile.. »

Waldemar Kita, qui a l’habitude de faire valser les entraîneurs du côté de Nantes, n’aurait rien non plus contre un bail hypothétique avec Domenech: «On lui a mis l’étiquette de bête noire mais c’est très facile de tout mettre sur un mec… Je suis un club français en quête d’un entraîneur, je le prends sans hésiter.» En Ligue 1? On n’a trouvé qu’un seul président partisan de laisser une seconde chance au grand pestiféré du foot français, le Valenciennois Jean-Raymond Legrand: «Quand on prend un entraîneur, c’est pour son travail, pas pour son image. Le vrai risque, ça serait l’agitation médiatique que ça créerait. Mais bien sûr qu’il est encore crédible comme entraîneur.» Le grand Nord ou la Ligue 2, Raymond Domenech sait donc ce qu’il attend si l’envie le reprend de se poser à nouveau sur un banc de touche.