Equipe de France: Mathieu Valbuena a marqué des points

FOOTBALL Un but incroyable et une prestation majeure pour le Marseillais…

Bertrand Volpilhac

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Les joueurs de l'Equipe de France félicient Mathieu Valbuena, buteur lors de la victoire 2-1 contre l'Italie, à Parme, le 14 novembre 2012.
Les joueurs de l'Equipe de France félicient Mathieu Valbuena, buteur lors de la victoire 2-1 contre l'Italie, à Parme, le 14 novembre 2012. — A.CALANNI/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Parme,

«J’étais dans une situation que j’affectionne beaucoup, et je me suis dit : «Bah là, je vais aller au bout. Je me retrouve face à Verratti, je le dribble sur le côté, je re-rentre intérieur parce qu’il y a un autre joueur, il y a de l’espace, j’enveloppe ma frappe côté opposé. Il y a de la réussite, mais c’est ce que je voulais faire.» Et si Zlatan Ibrahimovic n’avait pas décidé de planter un retourné acrobatique dès 30 mètres dans le même temps, ce but de Mathieu Valbuena serait assurément l’image de cette soirée internationale.

On ne peut pourtant pas vraiment dire que l’on soit surpris. Mathieu Valbuena est comme ça. Il ne marque pas forcément souvent, mais quand il le fait, ce n’est pas à moitié. A Liverpool, en 2009, il avait lancé sa carrière en même temps qu’il avait saccagé la lucarne de Pepe Reina. L’an passé, à Dortmund, il avait qualifié l’OM pour les huitièmes de finale de Ligue des champions grâce à un exploit similaire à hier soir. «C’est vrai que celui-là, il ressemble beaucoup à celui que j’avais inscrit contre Dortmund en Ligue des champions, se souvient-il. C’est l’un des plus beaux, l’un des plus émouvants aussi. C’est en sélection, contre l’Italie, à un poste auquel j’évoluais pour la première fois en équipe de France…

«Je n’ai jamais rien eu dans la facilité»

Car c’est surtout ça, l’information. Pour sa première titularisation sous Deschamps, et sa première en tant que meneur de jeu dans un 4-2-3-1, Valbuena a convaincu. «Il a fait de bonnes choses, je voulais le voir depuis le départ.» Et Deschamps l’a vu, rapide, technique, précis. Jusqu’à parler de revanche pour le Marseillais, cantonné au statut d’éternel remplaçant en équipe de France? «Non, je n’aime pas ce mot, explique Petit Vélo. Moi, je n’ai jamais rien eu dans la facilité. Quand on me fait jouer, j’essaye de tout donner. J’ai pris mon mal en patience. Quand tu travailles, tu es toujours récompensé.»

Et sa récompense, c’est d’avoir poussé Deschamps à trouver un système où il pourrait le faire jouer d’entrée avec Jérémy Menez, sans avoir à mettre les deux en concurrence. Ce ne sera pas forcément toujours le cas, mais dans un match où la France doit gagner, c’est une option offensive intéressante. «C’est vrai que ça s’est bien passé, se réjouit le héros de la soirée. Le coach me fait confiance, mes équipiers aussi. Ce n’est que du plaisir. Après, si j’ai marqué des points?… C’est vrai que je suis ambitieux.» Suffisamment en tout cas pour devenir crédible comme le meneur de jeu des Bleus dans les matchs qui comptent vraiment.