Jérémie Beyou: «Il faut très bien se connaître pour pouvoir se dépasser»

VOILE Le skipper de Maître Coq repart pour un deuxième tour. Avec de réelles ambitions sportives...

Propos recueillis par Matthieu Goar

— 

Jérémie Beyou avant le départ du Vendée Globe le 10 novembre 2012. 
Jérémie Beyou avant le départ du Vendée Globe le 10 novembre 2012.  — DDPI/Vendée Globe

En 2008-2009, Jérémie Beyou vit un très sombre Vendée Globe. Dès la descente de l’Atlantique, le Finistérien connaît des problèmes de mât et doit abandonner. Depuis, Beyou s’est refait une place au soleil en écrasant la concurrence lors d’une Solitaire du Figaro maîtrisée de bout en bout en 2011. Profitant de cette notoriété retrouvée, il a convaincu un nouveau sponsor, Maître Coq, et a pu racheter le bateau vainqueur de l’édition 2008-2009. De quoi se réserver une belle place d’outsider. Entretien.

Comment avez-vous géré ces dernières semaines avant le départ?

Après mon arrivée et quelques jours passés aux Sables-d’Olonne, je me suis réservé un moment à la maison pour échapper un peu à la foule. C’est agréable mais on voit quand même beaucoup de monde pendant trois semaines. Toute cette ambiance, ce n’est pas toujours évident à gérer. J’en ai profité pour faire la sortie des classes avec les enfants, du sport sur mon temps libre pour continuer à m’entretenir jusqu’au départ: vélo,  gym le matin…

Commencez-vous à fractionner votre sommeil avant le départ?

Non, cela ne sert à rien d’arriver fatigué avant le jour J. L’idée est au contraire d’emmagasiner le maximum de sommeil.

Partez-vous avec un esprit de revanche par rapport à votre précédente participation?

Non. En fait, je ne me dis pas que je repars mais que je pars. Il s’agit d’une autre course. Celle de 2008-2009 a eu lieu il y a bien longtemps. J’ai pu tirer les enseignements de cette casse. Puis je me suis concentré sur d’autres régates. Et en fait, je préfère penser à toutes ces autres courses qui ont eu lieu depuis quatre ans. Par exemple la Jacques Vabre remportée avec Jean-Pierre Dick, la Solitaire en 2011. Je me réfère à toutes les courses en solo et en équipages où tout a bien fonctionné comme Krys ocean race, avec «Mich Dej», où la vitesse a été un aspect primordial.

Les entraînements avant le départ vous ont-ils rassuré?

Les entraînements se passent toujours dans des conditions particulières. Je n’ai pas l’habitude d’être forcément à mon maximum pendant ces jours-là, même si cette fois-ci ça a été. Mais une course, c’est surtout être bon sur la durée. Je juge plutôt le plateau par rapport au palmarès des uns et des autres, aux courses qu’ils ont gagnées. Les bateaux neufs sont meilleurs à certaines allures, mais vont-ils tenir? L’important est d’être bon sur toute la course.

Vivez-vous avec la peur d une nouvelle avarie?

Etre à son maximum est très difficile, cela change d’un jour à l’autre. Après, je n’ai jamais envisagé de faire une course juste pour la finir. Le Vendée se joue sur l’endurance, dans la durée, mais c’est juste une course. Sauf qu’il y a toujours une part d’aventure, il faut gérer l’isolement tout allant chercher ses limites. Il faut très bien se connaître pour pouvoir se dépasser.