Tanguy de Lamotte : «Je suis quasiment sûr que le Vendée Globe va me plaire»

VOILE Le navigateur évoque avec «20 Minutes» son état d'esprit avant de se lancer pour son premier tour du monde à la voile...

Propos recueillis par Matthieu Goar

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Il ne s’en cache pas, il le fait même remarquer sur son signe internet. «Signe particulier : N’a jamais fait le tour du monde à la voile.», peut-on ainsi  lire sur la page. Spécialiste de bateaux de 40 pieds (environ  12 mètres) beaucoup plus petits que les monocoques du Vendée Globe, Tanguy de Lamotte n’a pas laissé sa chance de participer à sa première course autour du monde, un rêve d’enfant. Entretien à quelques jours du départ du Vendée Globe.

Depuis quand rêvez-vous du Vendée?

Depuis que je suis tout petit. A l’époque je me souviens des images de Loïck Peyron qui m’avaient fait rêver [en 1989-1990, il avait été un des premiers skippers à filmer toute sa course, à voir ici. Opéra et clope au bec dès la 4e minutes de la vidéo]. Mais je n’osais pas y penser jusqu’à ca que tout se concrétise rapidement, dans les allées du salon nautique l’année dernière. «Est-ce que tu crois que l’on a le temps, les moyens et l’envie d’être au départ ?», m’a demandé mon sponsor. J’ai sauté sur l’occasion et en janvier, le projet était lancé puis j’ai trouvé l’ancien Whirlpool de Catherine Chabaud et Ellen Mc Arthur, un bateau fiable et simple. Exactement ce que je voulais. 

Pas évident de se préparer aussi rapidement ?

Non, nous avons été à l’essentiel, en nous concentrant sur des choses simples pour améliorer la fiabilité du bateau. Sinon, nous n’avons rien changé d’important, seulement travaillé sur le système d’énergie, le gréement. Mais nous n’avons embarqué que 4 voiles neuves (sur un total de 10). Il faut savoir rester à notre place avec le plus petit budget de la flotte. Nous n’avons pas la pression du résultat.

Cela veut dire que vous n’avez aucune ambition sportive ?

Non j’aimerais arriver dans les dix. J’aimerais que tout le monde termine mais je sais que cette course provoque de nombreux abandons, donc si je fais le tour, je peux terminer pas si mal classé. Mais l’essentiel est surtout de laisser une belle trace sur le globe, d’aller vite quand je le pourrais et de vivre une aventure. Et puis j’espère que mon projet intéressera les gens. A chaque clic sur mon site, 1 euro est mis de côté pour opérer un enfant. Une opération coûte 12 000 euros, nous espérons en aider six à la fin du tour. C’est aussi ça la philosophie du projet.

Discutez-vous avec les anciens participants?

Oui j’ai croisé Michel Desjoyeaux qui m’a donné quelques conseils. Mais aussi Catherine Chabaud, Ellen Mc Arthur, Jérémie Beyou, Jean-Pierre Dick. Après ils ont tous des bateaux plus modernes donc les manœuvres ne sont pas exactement les mêmes. Mais je me nourris de leurs récits. Je vais découvrir beaucoup de choses en mer. Je ne connais pour le moment que l’Atlantique Nord.

Quels endroits avez-vous hâte de traverser?

Les mers du Sud pour l’ambiance en dessous des 40e rugissants, les passages des trois caps avec bien sûr le Horn dans un coin de ma tête. Mais doubler Bonne Espérance sera déjà une belle chose. Je suis quasiment sûr que cela va me plaire. Reste à savoir à quel point. J’espère que ça se passera comme pour Sam Davies qui donne l’impression d’être chez elle dans ces endroits.