Vendée Globe: A bord d'un 60 pieds avec Sam Davies

VOILE La navigatrice sera la seule femme à prendre le départ de la course autour du monde en solitaire samedi. Elle a convié «20 Minutes» à l'un de ses entraînements...

Matthieu Goar à Port-la-Forêt

— 

V. CURUTCHET/Savéol

De notre envoyé spécial à Port-la-Forêt

Un coup d’œil sous sa voile et sur ses adversaires d’un jour et Sam Davies pousse sur sa barre. L’étrave de Saveol, son bateau de plus de 18m, pointe vers la ligne de départ. Dans la faible brise finistérienne, la navigatrice anglaise s’acharne sur son moulin à café, une pièce qui lui permet de régler ses voiles. Le monocoque prend de la vitesse. «Top départ», crachote le Talkie-walkie. De son pneumatique, Christian le Pape, entraîneur du centre de Port-la-Forêt, indique les temps de franchissement de la ligne. «Top pour Banque Populaire, 14 secondes.» «Top pour Savéol, 54 secondes». «C’est mieux mais ce n’est pas top», glisse Davies qui vient de s’élancer en dernière position de cette régate d’entraînement à Port-La Forêt. «C’est moi qui leur avais demandé que l’on travaille cette phase. Il faut absolument que je m’améliore sur cette phase», lâche la Britannique.

>> Le blog de Sam Davies

Pas de quoi démotiver cette femme de 38 ans qui se remet au turbin. Cinq minutes pour sortir une grande voile d’avant de la soute. Cinq autres à mouliner pour la hisser en haut des 27,5m du mât. «Là, vous m’aidez… Laissez-moi me débrouiller», glisse-t-elle à Corentin et Tanguy,  présents à bord pour peaufiner les derniers réglages du 60 pieds avant le départ du 10 novembre. Davies règle puis scrute le plan d’eau. Les bateaux de devant s’échappent. «J’ai le deuxième bateau le plus ancien de tous les concurrents du Vendée Globe. Ce sera difficile de faire mieux que la dernière fois mais l’essentiel est d’arriver», analyse-t-elle.

Un naturel désarmant quel les médias s’arrachent

La dernière fois, c’était en 2008-2009. Sam Davies avait terminé à une superbe quatrième place. Petite-fille d’un sous-marinier anglais, elle avait surtout animé la course grâce à ses vidéos tournée musique pop à fond, ses chaussettes rouges, ses messages où elle s’extasiait de la couleur d’un iceberg où ses vacations où son naturel faisait des merveilles au milieu de ce troupeau de skippers, parfois bourrus, souvent calculateurs. Elle n’a pas changé. «J’ai mal aux fesses. Je passe trop de temps assise sur les winchs», rigole-t-elle avec ses équipiers entre deux manœuvres. 


Sam Davies dans sur son bateau pendant le Vendée... par 20Minutes

Sur le plan d’eau, à quelques miles au large de la maison de la navigatrice et de la plage où cette ancienne adepte de la natation synchronisée s’entretient lors de longues sessions de natation, une deuxième régate est lancée.  Empannages, réglages, table à cartes… Toute l’après-midi, Davies continue à réviser ses gammes au milieu des Armel Le Cléach, Jérémie Beyou ou encore François Gabart. Des skippers qu’elle a tous affrontés sur le circuit Figaro, mais qui bénéficient de montures plus modernes. «Sur un Vendée Globe, l’essentiel est d’adapter le skipper à son bateau, de bien définir les ambitions du tandem et de gérer sa course en fonction. Sam sait très bien gérer cet aspect», résume Tanguy Leglatin, coach de l’Anglaise, qui répond à une interview par Skype avec l’un de ses sponsors avant de recevoir une journaliste de Gala et d’accepter une invitation du Grand Journal. Jeune maman, les médias se l’arrachent. «Je regrette d’être la seule femme cette année. Il y a quatre ans, on s’échangeait des mails avec Dee Caffari, on se racontait des trucs de filles.  Surtout que le Vendée est une course qu’une femme pourrait gagner un jour», confie-t-elle en rentrant au port.