Jauzion marche à l'ombre

Nicolas Stival

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Le contrat du centre, Toulousain depuis 2002, s'achève en juin 2013.
Le contrat du centre, Toulousain depuis 2002, s'achève en juin 2013. — F. LANCELOT/SIPA

Trois Boucliers de Brennus, trois Coupes d'Europe et 73 sélections. A 34 ans, dont dix passés au service du Stade Toulousain, Yannick Jauzion est une légende du rugby français. Une statue aux dimensions colossales (1,93 m, 107 kg), mais plus indéboulonnable. Cette saison, le trois-quarts centre n'a disputé que cinq rencontres sur les 12 jouées par son club. Victime de la concurrence de l'incontournable Florian Fritz, du revenant Yann David et de la révélation Gaël Fickou, le Tarnais ne figurait même pas sur les quatre dernières feuilles de match. « Bien évidemment, Yannick n'est pas heureux de cette situation, lâche Jean-Baptiste Elissalde, son ancien coéquipier devenu entraîneur. Mais il fait partie de nos leaders de vestiaire. Il fait preuve d'énormément de volonté, de bonne humeur. C'est un très bon coéquipier, c'est ce qui importe. Quand on fera appel à lui, ce week-end ou dans les semaines ou les mois à venir, il sera à la hauteur, c'est sûr. »

David : « Un grand monsieur »
L'absence de Fritz, retenu en Bleu, permettra peut-être à Jauzion de retrouver le groupe ce vendredi, contre Montpellier. « Vous le saurez jeudi soir », lâche Elissalde, mystérieux. A entendre ses collègues, la perte de son statut de titulaire n'a pas altéré l'aura du trentenaire. « Il reste Yannick Jauzion, un grand monsieur, souligne son concurrent, mais néanmoins ami, Yann David. Que ce soit à l'entraînement ou lors des séances vidéo, il est toujours en train de nous aiguiller. Il a un gros impact psychologique sur l'équipe. » Même discours chez Sylvain Nicolas, de retour après plus de deux mois de blessure à un genou. « Yannick est un exemple pour tout le monde, un mec simple qui a travaillé toute sa vie », note le 3e ligne aile. Après avoir obtenu une année de contrat supplémentaire lors d'une saison 2011-12 très aboutie, Jauzion arrivera en fin de bail en juin prochain. Il aura alors le choix entre la retraite ou un dernier défi, sans doute ailleurs qu'à Toulouse, où il laissera une trace indélébile. W

Contre Montpellier, le Stade mène déjà 9 à 4

Avant le match Toulouse-Montpellier, seul doublon test-match - Top 14 de novembre, Elissalde fait les comptes. « Il leur manque quatre joueurs [les Bleus Trinh-Duc et Ouedraogo, les Argentins Creevy et Figallo]. Il nous en manque neuf, plus deux ou trois blessés. » Maestri, Picamoles, Nyanga, Fritz, Clerc, Huget (France), Johnston (Samoa), Steenkamp (Afrique du Sud) et Matanavou (Fidji) sont retenus par leur sélection respective.