Bercy 2012: Gasquet, Londres d'un doute

TENNIS Le Français peut encore jouer les Masters s'il va jusqu’en demi-finale à Paris...

Julien Laloye, à Bercy

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Richard Gasquet lors de sa victoire en demi-finale face à John Isner, le 11 août 2012 à Toronto.
Richard Gasquet lors de sa victoire en demi-finale face à John Isner, le 11 août 2012 à Toronto. — N.DENETTE/SIPA

La semaine prochaine, Richard Gasquet a prévu d’aller à Londres. Au pire, pour passer une semaine de vacances agréable, entre «un match d’Arsenal et un peu de shopping chez Harrods». Au mieux, pour défier Djokovic, Murray et les autres aux Masters, où se retrouvent chaque année les huit meilleurs joueurs mondiaux. Dixième au classement de l’année -neuvième en comptant le forfait acquis de Nadal- le Français sait ce qu’il lui reste à faire à Bercy: atteindre les demi-finales, tout en espérant que Tipsarevic, qui le devance à l’ATP, ne sorte pas la perf’ de sa vie à Paris. 

«Y aller pas à pas»

La question à 500.000 dollars: en a-t-il vraiment les moyens? Oui, si l’on s’en réfère à son tableau, devenu beaucoup plus ouvert depuis que Roger Federer a décidé de rester se reposer en Suisse. Oui aussi, si l’on s’en réfère aux déclarations de Gasquet, qui a repris du poil de la bête à Bâle, où il a atteint la demi-finale: «J’ai fait une finale de Master 1000 cette saison (à Toronto), je pense que je peux le refaire.»

Un peu moins, toutefois, si l’on écoute Riccardo Piatti, son coach à Paris. Non pas que l’Italien ne croie pas aux chances de son protégé d’aller à Londres, mais plutôt qu’il se demande si Gasquet le mérite vraiment: «L’objectif, avec Richard, c’était d’y aller pas à pas. D’abord le rendre compétitif chaque semaine, sur tous les tournois où il participe.» Mission accomplie, le Français ayant réalisé en 2012 la saison la plus régulière de sa carrière. «Ensuite, le faire revenir dans le top 10, là où il doit être.» Opération réussie également, puisque Gasquet fait de nouveau partie des dix meilleurs joueurs mondiaux pour la première fois depuis juillet 2008.

Concernant sa marge de progression, Piatti se montre plus circonspect: «Aujourd’hui, le top 4 est largement au-dessus.» Comprendre, le Biterrois n’y a pas sa place. Mais juste derrière, au milieu des Tsonga, Ferrer, Berdych, Del Potro, qu’il a tous déjà battus? «Richard n’est pas prêt pour gagner régulièrement contre ces joueurs-là. Del Potro, par exemple, est trop fort pour lui actuellement. A Marseille (7-5, 7-5), Estoril (6-4, 6-2), Bâle (6-2, 6-2), à chaque fois Richard était loin. Il faut qu’il progresse encore pour gagner ces matchs.»

«J’espère qu’il y croit encore»        

On en revient aux doutes qui escortent le potentiel réel du garçon. Au moment de faire le bilan de ses années d’entraîneur de Coupe Davis, Guy Forget résumait ainsi le problème: «Richard est sensible. Il n'aime pas se dévoiler, ou très peu. C'est pourtant ce qui pourrait lui permettre de franchir un cap. J'espère qu'il y croit encore. Piatti qui est formidable, Seb Grosjean [son autre entraîneur], qui connaît le tennis sur le bout des doigts [...] Il a quelques belles années devant lui.»

Et déjà de beaux souvenirs, comme en 2007 à Bercy quand, confronté à un dilemme semblable, Gasquet avait battu James Blake et Andy Murray, deux rivaux directs dans la qualification aux Masters, pour rallier les demi-finales au POPB. A l’époque, on pensait qu’il pouvait aller plus haut, aujourd’hui un peu moins. Mais on a très envie de se tromper.