Bercy: Le tennis, un sport vraiment si propre?

TENNIS Andy Murray a lancé un pavé dans la mare en disant que la lutte antidopage n’était pas assez développée sur le circuit...

Julien Laloye, à Bercy

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Novak Djokovic après sa victoire, le 29 janvier 2012
Novak Djokovic après sa victoire, le 29 janvier 2012 — John Donegan/AP/SIPA

A peine arrivé, déjà contrôlé. Lundi, Andy Murray n’a pas eu le temps de tester le Central de Bercy qu’il a dû se plier à un contrôle antidopage inopiné. Cela aurait pu faire grogner l’Ecossais, expert en la matière, mais non: le vainqueur de l’US Open en a profité pour livrer un vibrant plaidoyer en faveur d’un durcissement de la lutte antidopage. Morceaux choisis: «On n'a pas l'habitude dans le tennis de faire beaucoup de tests antidopage à partir d'une prise de sang mais je crois que c'est nécessaire. [...] Il y a beaucoup de tests pour les meilleurs joueurs mais dès que le classement est un peu moins bon, j'ai l'impression qu'il n'y a plus grand-chose. Et puis je pense aussi qu'il faudrait faire plus de tests lors des périodes où les joueurs ne sont pas en compétition.»

21 tests sanguins inopinés en 2011

Traduction: le tennis en est encore à l’âge de pierre ou pas loin en ce qui concerne la répression du dopage. Aucun membre du top 50 contrôlé positif depuis 2005 et l’Argentin Canas, pris la main dans le pot d’hydrochlorothiazide, un diurétique puissant. Depuis, c’est le calme plat. La preuve que «le tennis est un sport propre», clame Alex Corretja, terrien infatigable des années 2000. «A mon époque, je n’ai jamais eu de doutes sur personne et je n’en ai pas plus aujourd’hui. Et ce n’est pas une histoire de contrôlés car déjà, lorsque je jouais, il y en avait beaucoup.» Tant que ça? Sur l’année 2011, la Fédération internationale de tennis (ITF) a diligenté 110 tests sanguins en période de compétition. Dans le même temps, l’Union cycliste internationale –à titre de comparaison- en a ordonné près de 2.000. Plus saisissant encore, le bilan des contrôles menés hors compétition, une pratique courante dans le cyclisme: 21, ATP et WTA réunis, contre 3.314 contrôles côté vélo. On comprend mieux la surprise d’un Nadal réveillé au petit matin par les contrôleurs (français) avant Roland-Garros en 2009 pour son seul test inopiné de l’année.

«Le tennis est un peu à la traîne»

Qu’en pensent les joueurs? Fabrice Santoro et Nicolas Escudé ne s’étaient pas gênés, en leur temps, pour accuser l’ATP de «cacher des contrôles positifs», comme celui qu’André Agassi révélera dans sa biographie. Florent Serra, 36e mondial au meilleur de sa carrière, se souvient d’avoir été testé un total «de treize fois sur vingt-six tournois cette année-là. La plupart du temps par le biais de contrôles d’urine juste après (son) élimination. Ou sur tirage au sort, plus rarement.» Hors compétition, beaucoup moins: «Cela a dû m’arriver une fois la veille de démarrer Roland-Garros.» Aujourd’hui, le Bordelais est 122e au classement ATP et ne fait pas plus partie des joueurs ciblés par l’ITF. Ce qui signifie qu’il n’est presque plus contrôlé, comme tous ceux qui ne font pas partie du top 100. Serra reconnaît que ce n’est pas normal: «C’est vrai que si on compare à d’autres sports, le tennis est un peu à la traîne. On pourrait faire davantage contre le dopage